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Un excellent débat en Belgique sur les médias !!! Reprenez-le, téléchargez-le (pour qu’il ne disparaisse pas&#;) et diffusez-le !

MICHEL COLLON : « J’ai eu la chance de participer la semaine dernière à un débat assez extraordinaire. Avec un vieil ami Bernard Hennebert, dont j’apprécie depuis longtemps le travail pour la démocratisation et l’accès de tous à la culture. Mais aussi, et c’était nouveau, et même exceptionnel, avec une journaliste qui a travaillé 19 ans à RTL-TVI (équivalent belge de TF1).

Avec un courage et une franchise remarquables, Nadia Bouria a témoigné sur base de son vécu (à partir de 29′) : comment fonctionne la désinformation, quelles sont les cibles, journalistes sans formation, infos non vérifiées, bâclage des sources, info-marchandise : » Le but n’est pas de vous informer, mais de faire de l’argent ». Elle a aussi parlé des « relations quasi-incestueuses » entre le monde politique et les médias dans les reportages de guerre.

J’ai été particulièrement ému d’entendre ce témoignage courageux. Nous nous rejoignons très fort, il me semble, Nadia qui a travaillé dans le système, et moi qui travaille hors de ce système pour développer une info indépendante. Même diagnostic en général : c’est un système dont la plupart des journalistes ne sont même pas conscients. Mais un système qui fait grand tort aux citoyens.

Mon exposé (à partir de 47’15″) rebondit sur cette analyse exceptionnelle de Nadia Bouria, en recherchant les causes des médiamensonge sur les guerres et du refus de tout débat et autocritique (exemples récents : Ukraine, Syrie dans la presse occidentale), et fait appel à… Albert Einstein pour expliquer le système médiatique et politique.

Dans le dialogue qui a suivi, nous avons répondu à une jeune étudiante (le débat était organisé par une école de communication bruxelloise) demandant s’il était encore possible d’être journaliste, nous avons tous deux répondu que c’était un métier magnifique, mais à condition de pouvoir l’exercer de façon vraiment indépendante, et que là était le problème…

L’ensemble de la vidéo n’est pas bref, c’est un fait, mais les questions du public s’avèrent fort intéressantes. Les réponses aussi, je crois, enfin à vous de voir… » (Source : AgoraVox)


Nadia BOURIA : Formatrice, Juriste et Journaliste (ex-RTL-TVI)

Michel COLLON : Journaliste, essayiste et fondateur du collectif indépendant Investig’Action.

Bernard HENNEBERT : Journaliste et écrivain. Fondateur et coordinateur de l’Association des téléspectateurs Actifs (A.T.A.).

Olivier MUKUNA : journaliste travaillant sur la question de la liberté d’expression et celle du métissage au travers du prisme médiatique francophone, et co-fondateur du site d’informations FDC


Voici le débat. Il y a différentes présentations vidéos (complète ou en extraits, en fonction de votre temps) :

La version longue des exposés : (Edit : enlevée à la demande de Mme Bouria, comme la transcription)

 

Téléchargez absolument la vidéo ici, des fois qu’elle disparaisse&#; (click droit + « enregistrer la cible sous »)

Les extraits :

, L’extrait de Michel Collon :

Les questions :


Michel Collon – Bonsoir, merci.

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les interventions précédentes et j’ai découvert vraiment avec beaucoup d’intérêt le diagnostic courageux qui vient d’être fait sur la manière dont on est informé. A savoir qu’on n’est pas informé, on est en fait vendu, il n’y pas d’information, il y a une marchandise. Et je partage très largement le diagnostic qui a été fait et je crois donc qu’il faut essayer de l’approfondir sur certains points et de voir surtout ce qu’on peut faire à partir de ce diagnostic-là.
J’aurais une nuance en entendant que les différences en RTL, RTB et Le Soir proviennent du public visé et du niveau plus ou moins élevé des études. Oui ça joue sur le style de l’information mais quand j’analyse, ce qui est le cœur de mon travail depuis une vingtaine d’années, comment les médias nous informent sur les guerres, je dois constater qu’il n’y a pas de différence. Il y a une différence dans le style, dans la présentation mais sur le fond ils disent tous la même chose. On est soi-disant dans une presse pluraliste et les mêmes médias-mensonges sont repris à chaque guerre par tous les médias, qu’ils soient populaires ou intellos. Il n’est pas possible, depuis vingt-cinq ans que je suis ça en Belgique ou en France, avec les médias traditionnels d’apprendre la vérité sur n’importe quelle guerre qui est menée par les Etats-Unis ou la France, c’est chaque fois un festival de médias-mensonges.

Pour prendre la dernière, on nous a dit dans tous les médias que Bachar el-Assad avait massacré son peuple avec des armes chimiques. Des médias comme Investig’Action et quelques autres dans le monde ont dit dès le début ‘’Bachar n’est pas un Ange mais ça ne tient pas debout’’, tous les indices sur le terrain montrent qu’en fait c’est des terroristes de l’opposition qui l’ont fait. Et en tout cas, ce genre de choses il faut être prudent et au contraire de toute la presse traditionnelle qui a conclu ‘’c’est Bachar, il faut intervenir, il faut lui faire la guerre, il faut le renverser’’, on appelait à des enquêtes sérieuses. On vient d’avoir la semaine dernière un des plus réputés journaliste des Etats-Unis, Seymour Hersh, qui, se basant sur des confidences de militaires et de hauts responsables des affaires étrangères des Etats-Unis ont dit ‘’oui, c’est pas Bachar qui a utilisé les armes chimiques, ce sont ce qu’on appelle les rebelles ou les terroristes’’. Est-ce qu’il va y avoir une autocritique quelque part ? Est-ce qu’il va y avoir un débat ‘’On vous a dit ça mais c’est faux. Pourquoi est-ce qu’on s’est trompé ? Pourquoi est-ce qu’on a refusé d’inviter les gens qui disaient le contraire ? Pourquoi est-ce qu’on n’a pas traité le public en adulte en lui disant : c’est compliqué, il faudrait une enquête, soyons prudents.’’ Et si ça se passait seulement une fois pour une guerre OK mais en réalité, et c’est ça qui est frustrant dans le job que je fais depuis vingt ans, c’est chaque fois les mêmes procédés médias-mensonges, ça se voit comme le nez au milieu de la figure et chaque fois ces journalistes expérimentés qui nous disent ‘’nous, on est des pros, on est objectif, on a des exigences déontologiques’’ retombent dans le même panneau à chaque fois. Donc la question c’est : comment c’est possible ?

Sur l’Ukraine souvenez-vous, Le soir ici (Michel Collon montrant une édition du quotidien) ‘’Le bain de sang. Les rues de Kiev étaient à feu et à sang, les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants, au moins soixante mort.’’ Le lendemain ‘’il faut intervenir, il faut intervenir militairement en Ukraine. ‘’ A ce moment-là nous avons dit, sur base d’autres sources locales, ‘’c’est pas évident, il faut une enquête’’ et toujours la question dans ce genre de cas ‘’à qui profite le crime ?’’. Et maintenant, ce qu’on a appris par une conversation qui a été captée entre Ashton, la ministre des affaires étrangères de l’Europe, et un commissaire européen qui lui a dit ‘’vous savez ceux qui ont tiré là sur la foule, c’est pas les forces du président qui a été renversé, c’est au contraire les rebelles, parmi lesquels des groupes d’extrême droite, soutenus par les Etats-Unis’’ et a dit ‘’on va avoir un problème’’ et Ashton fait semblant qu’elle est sourde et qu’elle n’a rien entendu. Sur internet cette chose-là a circulé, dans les médias non. Finalement maintenant on apprend qu’avec une enquête d’un jour ou deux, on pouvait voir qu’en fait on a tiré et sur les manifestants et sur les forces de l’ordre, que ce sont les mêmes balles et que c’est d’un endroit qui était tenu par l’opposition.

Et ça c’est un scénario qu’on a déjà vu en quand il y a un coup d’état militaire de la CIA contre Chavez au Venezuela. Il y a une manif des opposants à Chavez, il y a une manif de Chavez qui défend le palais présidentiel et à un moment donné, du sixième étage des immeubles, on tire sur les deux manifs qui elles ne peuvent pas être en contact puisqu’il y a des immeubles entre les deux manifs, donc on voit bien que c’est une troisième force. Et quand le coup d’état échoue, les snipers sont exfiltrés et se retrouvent comme par hasard aux Etats-Unis. Donc c’est un scénario qu’on a déjà vu et vous croyez que tous ces grands médias, tellement arrogants, vont être prudents et dire ‘’soyons prudents, faisons une enquête’’ ? Non, directement c’est : ‘’l’Ukraine, il faut renverser Ianoukovytch’’. Et je pourrais multiplier les exemples sur la Lybie, le coup des armes chimiques on l’avait déjà fait à propos de l’Irak et toutes les atrocités qu’on nous a sorties sur l’Irak, je pourrais parler du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Honduras, de l’Afghanistan… Chaque fois des erreurs qui vont toujours dans le même sens, toujours : ‘’Nous les médias occidentaux nous sommes avec les gentils, nous sommes les gentils, tout ce que nous faisons c’est bien, nous n’avons que des intérêts nobles : la démocratie, la lutte contre le terrorisme, ramener la paix etc… Les autres c’est toujours les mauvais, ils sont toujours des dictateurs, méchants etc…ils emploient toujours des mauvaises armes, ils font toujours des atrocités, ils n’ont aucune morale…’’,western, les gentils et les méchants. Et ça vous avez dans Le Soir, dans Le Monde, dans Libé donc les intellos aussi on les apprend pour des idiots, il ne faut pas croire.

Donc la question c’est : est-ce que tout ça obéit à une logique ou est-ce que c’est du hasard ?

Je pense que quand vous êtes, excusez-moi, le président des Etats-Unis ou le gouvernement français ou quelque chose comme ça et que vous décidez d’attaquer un pays qui ne vous a rien fait, qui ne vous menace pas, mais dans lequel il y a du pétrole, des matières premières ou un intérêt stratégique, vous ne pouvez pas évidemment dire au public et à la télé ‘’on va faire la guerre pour le pétrole, pour le fric etc…’’, ça se dit pas, c’est obscène, vous n’auriez pas de soutien. Donc vous êtes obligés de raconter des histoires et ces histoires, elles obéissent toujours à la même logique, ce que j’ai appelé les cinq principes de la propagande de guerre &#; et je crois que quand on a une réflexion sur les médias comme ce soir, il faut toujours partir de là &#; :

Un : On va toujours cacher les intérêts économiques, toujours cacher le fait que ce sont des guerres pour le fric. Qu’on me montre un seul exemple de guerre menée par les Etats-Unis ou l’Europe depuis vingt-cinq ans et même plus qui n’ait pas été motivé par le fric, un seul. Mais toujours on vous donne de merveilleux objectifs, très nobles. Ça devrait quand même faire un peu réfléchir, l’Europe, cette Europe qui donne des leçons au monde entier sur ce que c’est que la démocratie. Mais le plus grand tas de cadavres dans l’histoire il a été créé où ? En Europe ! Par des européens ! Avec des puissances d’argent derrière ! Donc un peu de modestie à mon avis, un petit peu moins d’ethnocentrisme et d’arrogance ferait du bien.

Un : Cacher les intérêts économiques.

Deux : Cacher l’Histoire. C’est-à-dire que dans toutes ces régions au Moyen-Orient, Afrique, Amérique Latine vous avez des problèmes légués par l’histoire mais qui ne tombent pas du ciel. Je veux dire que vous avez des conflits entre des populations, entre des religions, entre des ethnies etc…et ce qui est important c’est que, toujours, ces conflits ont été créés ou exacerbés par les puissances coloniales en vertu du classique ‘’diviser pour régner’’. Si on veut profiter des richesses d’un pays sans les payer, il faut évidemment empêcher les gens qui sont volés, pillés, exploités, il faut les empêcher de résister. Pour les empêcher de résister il y a la manière militaire évidemment mais c’est pas si simple et la meilleure manière c’est de les diviser entre eux et de faire en sorte qu’ils se tapent les uns sur les autres. Ça vous retrouvez dans tous les conflits dont je viens de parler, le rôle du colonialisme ou néocolonialisme derrière ce diviser pour régner.

Troisième principe de la propagande de guerre : il faut absolument diaboliser l’adversaire. Puisqu’on ne fait pas la guerre pour le fric, on fait la guerre contre un méchant. Donc le méchant doit être très méchant et il faut le prouver avec, surtout maintenant à l’ère moderne, des images. C’a toujours été ce que je raconte là, il ne faut pas croire que c’est depuis vingt ou vingt-cinq ans. On va sortir sur Investig’Action une vidéo sur les raisons de la guerre et la propagande qu’il y a eu autour, c’est exactement la même chose. Mais là maintenant, cela s’est vraiment raffiné, évidemment avec les images, avec la manipulation des images et avec les procédés de manipulation qui sont permis dans l’audiovisuel. Donc il faut diaboliser l’adversaire, le présenter comme un monstre, sortir des images qui font pleurer dans les chaumières à l’heure des repas en disant ‘’ah oui, il faut faire quelque chose, c’est vraiment un monstre’’ ou ‘’c’est vraiment un danger donc nos gouvernements font bien d’agir contre ce dictateur dangereux’’.

Quatrième principe de la propagande de guerre : il faut inverser l’agresseur et l’agressé, il faut toujours dire qu’on vient pour protéger la victime. Dans tous les cas c’est faux, prenez le cas Israël-Palestine par exemple. On va vous dire, regardez les titres du Soir ou de tout le reste ‘’Israël fait des représailles, Israël se défend, Israël riposte’’, c’est incroyable. Israël a chassé les palestiniens de leur pays, de leurs maisons, de leurs champs il y a soixante ans, les palestiniens ne l’acceptent pas, ils luttent par différentes manières, et c’est à eux d’en décider, de temps en temps il y a une roquette qui tombe, OK. C’est rien comparé à ce qu’Israël a fait, n’empêche que dans les médias c’est ‘’Israël se défend’’, inverser la victime et l’agresseur. Et on peut multiplier les exemples là-dessus.

Le cinquième principe de la propagande de guerre c’est : monopoliser, c’est-à-dire empêcher le débat. C’est-à-dire qu’il ne faut pas que les gens se rendent compte que s’il y a une guerre, il y a deux points de vue au moins, qu’il y a deux intérêts et que pour se faire un jugement il faudrait avoir l’avis des deux parties. Si vous allez au tribunal et que je le juge doit juger entre A et B…qu’est-ce que vous diriez plutôt d’un juge qui dirait à un des camps ‘’je vous écoute’’ et à l’autre ‘’fermez la’’ ? Et dans les médias c’est comme ça. Avec tout ce que je viens de raconter, vous comprenez pourquoi je ne vais jamais passer au journal télévisé ni de RTL ni de la RTBF ni pourquoi Le Soir me boycotte consciencieusement depuis une vingtaine d’années en refusant systématiquement tous les débats. Dans ce journal un certain Jean-Paul Martos, par exemple, m’a traité de Goebbels, donc le ministre de la propagande d’Hitler, sur des choses où c’est lui qui mentait, et je peux le prouver, à propos de la Syrie et Boudot-Allos 12 , même genre. Donc on est diabolisé, exclu des médias et c’est très important. Il faut absolument que le média, puisque comme on vient de le dire, il est là pas pour informer mais pour vendre un truc, donc il faut défendre sa crédibilité et donc il faut absolument qu’il n’y ait qu’une seule version et pas de contestation possible. Je rejoins ce qui a été dit sur l’importance de la publicité et le métier qui est fait là. Ç’a été exprimé par l’ancien patron de TF1, Patrick Le Lay, dans une phrase mémorable mais qu’il faut toujours se rappeler, il disait à ses journalistes : ’’au fond, notre métier consiste à vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola.’’ C’est-à-dire qu’on ne vend pas une info au spectateur, on vend le spectateur à une multinationale qui en plus vend de la merde. Et on ne va donc pas dire évidemment dans le journal télévisé qui précède la pub de Coca, que Coca en réalité finance des escadrons de la mort qui assassinent les paysans colombiens pour rafler leur terre. Ça c’est évidemment une info qui ne peut pas passer pour les raisons qu’on comprend.

Et donc cinq principes de la propagande de guerre :
&#; Cacher les intérêts économiques
&#; Cacher l’Histoire
&#; Diaboliser
&#; Inverser agresseur et agressé
&#; Monopoliser, empêcher le débat
&#;
A partir de là se pose la question : pourquoi ça se passe comme ça ?

Et le sondage m’est très intéressant et je pense que, non seulement dans le débat de ce soir mais après, il faut creuser ce sondage parce qu’il dit des choses importantes. J’en ai noté une ou deux : 50% de gens désinformés et 17% de gens qui ne savent pas. D’un côté c’est terrible et de l’autre côté c’est magnifique. Ça veut dire qu’il y a une prise de conscience que l’info c’est pas évident, que l’image ça peut mentir et que le journaliste n’est pas Dieu et qu’il faut tout vérifier. Je veux dire le succès de Test-Achats, c’est que maintenant on vérifie tout ce qu’on nous donne à manger ou à consommer et ça devrait être fait beaucoup plus avec une éducation systématique à l’école. Et bien Test-Médias, c’est tout aussi nécessaire et salutaire parce que sans info, il n’y a pas de véritable démocratie.
Le sondage dit que l’info n’est pas objective parce qu’elle est influencée par les politiques. Maintenant je ne sais pas comment la question a été posée mais je crois qu’il faut aller plus loin en disant l’info est influencée par l’argent. L’info est influencée d’une part parce que les tous grands médias, pensez aux empires de Lagardère, de Bouygues, de Dassault en France, pensez à Berlusconi, pensez à Bertelsmann en Allemagne, à Murdoch dans le monde anglo-saxon, les tous grands médias sont aux mains d’une catégorie sociale bien particulière, c’est des milliardaires et vous croyez qu’ils vont vous informer sur les guerres ou sur la question ‘’pourquoi il y a des riches, pourquoi il y a des pauvres ?’’ et ‘’que font les gouvernements ?’’, c’est évidemment pas leur intérêt. D’autant plus que dans ces capitaux, dans ces actionnaires des médias, il y a des multinationales, tout le gratin des multinationales. Dans un excellent livre de Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus, qui analyse les liens entre état, capital et médias, il analyse les actionnaires, il analyse les membres des conseils d’administration et il nous montre que les médias sont complètement en interpénétration incestueuse, il faut le dire, avec ceux sur lesquels ils sont sensés travailler, le pouvoir du business, le pouvoir de l’argent. Donc je crois qu’il faut aller plus loin encore sur cette question que ne le dit le sondage mais c’est une excellente base, cela montre que les gens se méfient et c’est magnifique. Pourquoi on ferait confiance à quelqu’un qui vous vend de la nourriture empoisonnée ? Et pourquoi on ferait confiance à quelqu’un qui vous vend une info empoisonnée ?

Et donc si on analyse la question – je ne sais pas combien de temps il me reste ?

Evan Giguet – Il vous reste cinq minutes Michel.

Michel Collon – Merci. Si on analyse pourquoi on est comme ça désinformé et le diagnostic vient d’être fait. Il a été fait aussi à sa manière par Noam Chomsky et Edward Herman dans ce livre remarquable qui s’appelle Manufacturing consent, la fabrication du consentement. Et ils disaient là, il y a vingt-cinq ans, les médias n’ont pas pour fonction de vous informer mais de vous faire approuver ce que les gouvernements ont décidé de faire. Et derrière les gouvernements c’est l’argent parce qu’il y a une chose que les politiques, on est en période électorale, il y a une chose où ils disent vrai, quand ils vous disent : ‘’mais nous on n’a pas le choix, on doit de toute façon faire ce qui est décidé par l’Union Européenne’’ mais l’Union Européenne c’est quoi ? C’est la table ronde des industriels, c’est-à-dire le gratin des grandes multinationales européennes qui écrivent les projets de loi, et récemment il y a une étude qui a été faite qui a montré que c’était du copier-coller. Les lois que l’Union Européenne fait et qu’elle oblige les pays à adopter, c’est du copier-coller de toutes les résolutions et propositions qui ont été faites par les multinationales rassemblées.

Ce système-là a été analysé par un scientifique et, vous allez être surpris, il a été analysé ce système par Albert Einstein qui, en , écrit un article très intéressant où il analyse le système capitaliste et où il explique les liens justement entre le pouvoir économique, le pouvoir politique et le pouvoir médiatique. Premièrement il dit : ‘’Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains à cause de la compétition entre les capitalistes et à cause du développement technologique et de la division croissante du travail. Tout cela encourage la formation de grandes unités de production.’’ Donc le capital est concentré dans des mains de moins en moins nombreuses avec de plus en plus de pouvoir. ‘’Et le résultat, c’est que la formidable puissance de cette oligarchie capitaliste ne peut être réfrénée, même par une société qui a une organisation politique démocratique. C’est vrai parce que les membres du corps législatif, donc du parlement, sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés.’’ Voilà donc le lien économie et politique ‘’De plus’’, ajoute Einstein ‘’dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement d’une manière directe ou indirecte les principales sources d’information presse, radio, éducation.’’ Et sa conclusion est pessimiste mais réaliste : ‘’Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen et dans la plupart des cas tout à fait impossible d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.’’

Alors cela peut sembler tout à fait désespérant mais je pense justement, et ce sera ma conclusion, qu’en réalité l’information c’est à nous à la faire, l’information c’est une bataille. Et si on comprend que dans cette bataille de l’information il y a des intérêts opposés et que les intérêts des riches et des pauvres, au sens très large, ne sont pas les mêmes, ils sont en contradiction, si on comprend comme disait Victor Hugo que ‘’c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches’’, si on réfléchit pourquoi 85 personnes aujourd’hui dans le monde possèdent autant que 3,5 milliards de gens, 85 personnes possèdent autant que 3,5 milliards de gens, et ce fossé est en train de s’aggraver, et dans les pages roses ou dans les tribunes économiques à la télé, on nous dit que ‘’c’est normal, c’est un système naturel, c’est comme ça, on va essayer de le corriger un petit peu’’, depuis vingt ans on voit bien que les corrections c’est vraiment appeler au paradis et on nous présente ça comme normal.

Et bien non, ce n’est pas normal et il y a justement tout une diabolisation de ceux qui veulent échapper à ce système, de ceux qui comme Hugo Chavez, Evo Morales ou Correa essayent de présenter une alternative, c’est-à-dire une économie pas au service du 1% mais au service du 99%, il y a donc une diabolisation, cette diabolisation c’est la continuation de la guerre, parce qu’il y a la guerre chaude, il y a la guerre froide, il y a la guerre non déclarée. Et donc toutes les guerres étant justement la question de savoir : est-ce que les riches vont garder leur contrôle sur les ressources de la planète, sur le travail des gens, sur l’avenir des gens, est-ce que les riches vont continuer à nous imposer un système absurde qui économiquement ne tourne pas ? La question de la liberté d’information elle porte sur ça et je pense, mais on aura dans la discussion de le développer peut-être plus, je pense que par rapport à ça, si on est conscient de cette bataille de l’information, il faut absolument décider si nous voulons mettre fin à ces guerres qui sont injustes et qui ne sont pas pour les objectifs qu’on nous dit, si nous voulons mettre fin à cet écart riches-pauvres absolument insensé et dégoutant, nous devons prendre la bataille de l’information en main.

Nous-mêmes, nous sommes tous des journalistes.

Je vous remercie.

 


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