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Charles Maurras en

Œuvres principales

  • Enquête sur la monarchie ()
  • Anthinéa ()
  • Kiel et Tanger ()
  • Mes idées politiques ()
  • L'ordre et le désordre ()
  • Œuvres capitales (en 4 volumes, )

Compléments

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Charles Maurras, né le à Martigues et mort le [1] à Saint-Symphorien-lès-Tours[2],[3], est un journaliste, essayiste, homme politique et poètefrançais, membre de l'Académie française. Théoricien du nationalisme intégral, il a été l'un des principaux animateurs de l'Action française.

Écrivain provençal appartenant au Félibrige et agnostique dans sa jeunesse, il se rapproche ensuite des milieux catholiques et antidreyfusards. Autour de Léon Daudet, Jacques Bainville, et Maurice Pujo, il dirige le journal L'Action française, fer de lance de l'Action française, formation royaliste, nationaliste, contre-révolutionnaire et antidémocratique, qui devient le principal mouvement intellectuel et politique d'extrême droite sous la Troisième République. Sa doctrine, définie par Maurras, prône une monarchie héréditaire, tout en se revendiquant antisémite, antiprotestante, antimaçonnique et xénophobe.

Son talent littéraire donne à ses ouvrages théoriques une grande influence dans les milieux conservateurs cultivés de France, et ses qualités de polémiste lui assurent une réelle audience dans d'autres, comme l'Académie française à laquelle il est élu le . Outre Léon Daudet et Jacques Bainville, Maurras compte parmi ses soutiens des intellectuels comme Georges Bernanos, Jacques Maritain, Thierry Maulnier, Philippe Ariès, Raoul Girardet et le mouvement littéraire des hussards en est proche[4]. Avec plus de dix mille articles publiés entre et , il demeure le journaliste politique et littéraire le plus prolifique de son siècle[5].

Bien que germanophobe, Maurras soutient dès le régime de Vichy et le maréchal Pétain, s'enthousiasmant pour la fin de la démocratie et de la République ainsi que pour l'instauration d'une législation antisémite et la création de la Milice. Poursuivant la publication de L'Action française sous l'occupation allemande, avec l'accord de l'occupant, il y réclame notamment l'exécution des résistants qu'il dénonce comme «&#;terroristes&#;» et «&#;révolutionnaires&#;»[6]. Arrêté à la Libération de la France, ses articles lui valent d'être condamné pour intelligence avec l'ennemi et haute trahison, à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale, le . Cette dernière condamnation provoque son exclusion automatique de l'Académie française (qui attend cependant sa mort pour procéder à son remplacement) ainsi que du Félibrige.

Son activité à la tête de son mouvement politique éclipse aujourd'hui son œuvre de littérateur bohème lié aux avant-gardes[7].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence ()[modifier | modifier le code]

En , le 20 avril, naît à Martigues, au 13 quai Saint-Sébastien, Charles Marie Photius Maurras[8], en Provence. Il est le second fils de Jean Aristide Maurras (), percepteur, ayant des convictions libérales, et de Marie-Pélagie Garnier ()[9], profondément catholique. Ce couple de condition assez modeste se fait apprécier par les aides qu'il prodigue aux plus pauvres[10]. Quelques mois avant la naissance de Charles, ils ont perdu leur premier fils, Romain, âgé de deux ans.

En , la naissance de François Joseph Émile permet d'agrandir la famille. La famille Maurras s'est installée à Martigues au XVIIe&#;siècle&#;; elle était originaire du pays gavot (Haut-Var), au sud de Gréoulx, près de Saint-Julien-le-Montagnier[11]. En , Charles est mis à l'école communale&#;: sa famille est étonnée par sa vivacité, ses dons et sa capacité à réciter l'histoire sainte et l'histoire romaine mais il est réprimandé quand il rapporte du provençal à la maison[12]. Charles Maurras écrira que s'il lui était donné de revivre une période de sa vie, ce serait sa petite enfance[13]. Le 3 janvier , il devient orphelin de père[12]. À six ans, Charles part vivre avec sa mère et son petit frère à Aix-en-Provence. En octobre , Charles entre en classe de huitième au collège catholique, à Aix-en-Provence, rue Lacépède. À la fin de la septième, il obtient onze prix et pendant quatre ans, il remporte le premier prix de latin[14]. En , promu «&#;élève d'honneur&#;», il reçoit le premier prix d'instruction religieuse mais ce n'est pas un élève sage et il a souvent des sautes d'humeur[15]. Malhabile en mathématiques et en anglais, le latin et le grec le ravissent[16]. Au collège, il se lie avec Xavier de Magallon, auquel le lie une passion pour la poésie et Alfred de Musset, puis il s'enthousiasme pour Frédéric Mistral[17].

À quatorze ans, il est, soudain, atteint de surdité[n 1], cela dégrade aussi ses capacités vocales. Désespéré, le jeune Charles voit s'effondrer tous ses projets, dont celui d'entrer à l'École navale comme le père de sa mère[19]. L'abbé Jean-Baptiste Penon, futur évêque de Moulins et premier latiniste et helléniste du diocèse, propose à Mme Maurras d'aider son fils et celui-ci dira que cette offre spontanée fut la grande bénédiction de sa vie[20]. L'abbé Penon donne des cours particuliers au jeune Charles, ce qui lui permet de revenir parfois au collège pour des cours de rhétorique et philosophie[21]. Alors que Maurras est en révolte contre sa surdité, la lecture de Pascal, qu'il assimile au dolorisme[n 2], contribue à lui faire perdre la foi[22]. La perte de la foi et sa surdité le désespèrent et le conduisent à une tentative de suicide qui échouera[23] et n'est connue que par des témoignages indirects[24].

En , il se raccroche progressivement à la vie et est désigné par ses maîtres, avec quelques-uns de ses amis et condisciples, pour donner des conférences organisées au collège du Sacré-Cœur&#;: Charles Maurras y prononce sa première conférence, qui est aussi son premier texte publié, sur Thomas d'Aquin étudiant et lecteur de l'université à Paris[25]. La même année, il est reçu —&#;avec mention&#;— à son premier baccalauréat, en , où il excelle en latin et en grec[26]. Il approfondit alors ses lectures philosophiques, s'intéresse à Hippolyte Taine et Ernest Renan qui, pourtant éloignés des milieux cléricaux, remettent en cause l'héritage révolutionnaire et les vagues d'idéalisme qui ont conduit plusieurs fois la France à la défaite et à la Terreur depuis la Révolution[26]. En , après un échec au second baccalauréat en juillet du fait d'une copie de philosophie jugée trop thomiste, Charles Maurras est admis en novembre de la même année avec la mention Bien&#;: il est reçu en premier en sciences et en philosophie[27]. L’abbé Penon incite Charles Maurras à monter à Paris car il souhaite l’introduire dans les revues et journaux qu’il connaît, ce qui amène la famille Maurras à quitter Martigues et à s'installer à Paris le 2 décembre [27].

Période de formation avant l'Action française ()[modifier | modifier le code]

Avant la création de l'Action française, Charles Maurras approfondit ses questionnements métaphysiques, s'implique dans la vie littéraire et enrichit sa réflexion politique tout en se lançant dans le journalisme.

Réflexion philosophique[modifier | modifier le code]

Charles s’inscrit en histoire à la faculté des lettres de Paris, rencontre l’historien orléanistePaul Thureau-Dangin mais ne peut suivre les cours du fait de son infirmité. En revanche, il se montre un bourreau de travail&#;: lectures innombrables à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à l’Arsenal, à la Sorbonne, annotations et rédactions d’articles, perfectionnement de son latin, notamment pour éviter les traductions de Lucrèce en alexandrins qui lui «&#;font mal à force de le faire rire[28]&#;».

Maurras écrit dans La Réforme sociale, revue conduite par le sociologue Frédéric Le Play, qui développe une analyse de la société moderne critiquant l’individualisme et prônant des idées corporatistes et familiales dans l’esprit des encycliques papales&#;; il écrit également pendant cinq ans dans les Annales de philosophie chrétienne, revue dont l’ambition est de combiner la théologie du Docteur Angélique et les idées modernes issues de Lamennais[29]. Entre et , il collabore au Polybiblion littéraire pour des comptes-rendus d’ouvrages sociologiques&#;; à partir de l'automne , il rédige aussi le feuilleton bibliographique («&#;Les livres de la semaine&#;») de L’Instruction publique, revue de l’enseignement supérieur d’inspiration conservatrice et libérale jusqu’en [30].

La tournure de sa pensée est encouragée par l’atmosphère intellectuelle du temps qui oscille entre le déterminismekantien et le pessimisme de Schopenhauer. Il affirme&#;: «&#;Le nœud de tous les doutes peut être tranché en un point&#;: en résolvant les problèmes de causalité. […] L’unique mobile de ma vie est l’espoir de rencontrer la vérité[31].&#;»

Entre et , son questionnement philosophique s'amplifie comme le dialogue épistolaire entre le jeune homme et l’abbé Penon qui tente de le guider vers l’aperception de l’origine divine de la causalité première mais Maurras bute sur la substitution des témoignages de la tradition chrétienne aux preuves rationnelles[32]. Il reconnaît être troublé par la philosophie kantienne de la connaissance&#;; tout en admirant la méthode «&#;géométrique&#;» de saint Thomas, il qualifie d’«&#;enfantine&#;» la théorie scolastique de la connaissance[32]. Charles Maurras dialogue avec l’abbé Huvelin, vicaire de l’église Saint-Augustin, «&#;animal convertisseur&#;» selon l’expression de Pierre Boutang, avec des amis séminaristes, avec des philosophes catholiques comme Maurice Blondel et Léon Ollé-Laprune qui ont apprécié ses articles&#;; mais son exigence de la certitude scientifique empêche Maurras de rencontrer la foi&#;: tiraillé entre le travail de la raison et le désir de certitude religieuse, son agnosticisme se renforce[33]. Ne trouvant pas la foi, Charles Maurras trouve la paix intellectuelle dans la distraction de la littérature car la poésie l’éblouit et dans la méthode positiviste car l’histoire et la philosophie le passionnent[34].

Activité littéraire[modifier | modifier le code]

En , Maurras découvre Mistral dans le texte&#;; il rêve de constituer une anthologie de poésie et de prose provençales et commence un travail de documentation dans ce but[35].

En , se définissant comme «&#;un pur contemplatif et un solitaire dans le goût sinon de l'école de Spinoza&#;» et s'investit dans La Réforme sociale avec pas moins de cent soixante-dix articles jusqu'en juin [36]. Le 23 décembre , il entre au quotidien catholique L’Observateur français dont il deviendra secrétaire de rédaction en octobre et auquel donnera cent-soixante quatorze articles mais cette grande activité ne fait pas refluer son amour et sa nostalgie de la Provence. Très vite, le jeune homme rencontre des félibres comme Paul Arène et Albert Tournier[37].

En , il obtient le prix du Félibrige pour un éloge du poète provençal Théodore Aubanel[38]&#;; il devient membre de cette académie qui s’est fixé comme objectif la restauration de la langue et de la culture d’oc. Durant l’été de la même année, il fait la connaissance de son compatriote Frédéric Mistral, puis, en décembre, du LorrainMaurice Barrès. À l'âge de vingt ans, il est un des membres les plus influents du Félibrige[39]. Pétri de culture classique (Virgile, Lucrèce, Racine) et moderne (Musset, Lamartine, Mistral), le jeune Maurras éprouve aussi un amour infini pour sa Provence natale.

En , il rencontre Frédéric Amouretti lors des Fêtes félibréennes de Sceaux et devient le secrétaire du Félibrige de Paris. Il publie son premier ouvrage, consacré à Aubanel et devient journaliste littéraire[40].

En , il rencontre Jean Moréas et devient le théoricien de l'École romane, fondée par le poète du Pèlerin passionné, prônant un néo-classicisme peu enclin à l'académisme[41]. Maurras cherchera à rapprocher félibres et poètes romans[42]. La même année, il ébauche un vaste chant épique de trois mille alexandrins, rassemblés sous le titre de Théocléa et inspiré par la figure de Pythagore en qui il voit le plus grand moraliste de l'Antiquité[43]. Il se lie d'amitié à Anatole France[44], ce qui contribue au renforcement de son agnosticisme. Il travaille avec ses amis à faire connaître les poètes provençaux au public parisien et à établir des ponts entre symbolisme et provençalisme, notamment en travaillant à un numéro spécial de La Plume[42].

En , il consacre son deuxième essai critique au poète Jean Moréas, le chef de file de l’École romane, qui lui a été présenté l’année précédente. Il prépare également un court traité visant à établir une doctrine de vivre et de mourir, La Merveille du monde, qui ramasse la recherche philosophique du jeune Maurras mais ne l'achève pas[43].

Au début de , il rédige la déclaration des Jeunes Félibres fédéralistes qui, soutenue par Mistral, est lue par Frédéric Amouretti. Il ne s’agit plus seulement de défendre culturellement la Provence, mais d’engager une politique de haute lutte qui vise à donner un destin à cette terre et à son peuple.

En , Maurras publie Le Chemin de paradis, mythes et fabliaux.

Jusqu'en , c'est dans la Revue encyclopédique que Maurras livre la plupart de ses articles littéraires[45]&#;: il chronique ainsi les œuvres de Paul Bourget, Jules Lemaître, Jean Psichari, Willy, Jules Tellier, Gabriele D'Annunzio, Paul Adam, Tristan Bernard, Marcel Schwob, Frédéric Plessis, Jean de Tinan, Remy de Gourmont, Stuart Merrill, Jean Moréas, Hugues Rebell, Pierre Louÿs, Marcel Proust, Henri de Régnier, Pierre Quillard… Dans un article du 1er janvier de la Revue encyclopédique, le jeune Martégal, qui a lu et analysé l'œuvre de Verlaine, décèle dans les écrits de l’ancien décadent un retour vers le classicisme qu’il salue et contextualise[n 3]. Vers la même époque (seconde moitié des années ), il fait passer quelques articles dans La Libre Parole avant de rejoindre Le Soleil[46].

Évolution politique[modifier | modifier le code]

Avant sa conversion au monarchisme en , la réflexion politique de Charles Maurras se développe progressivement. De à , Charles Maurras ne s'intéresse qu'à la philosophie mais le centenaire de la Révolution et le boulangisme qu'il soutient du bout des lèvres ainsi que des recherches historiques en Provence le conduisent à centrer sa réflexion sur la politique.

En , lors du centenaire de la Révolution française, une ébullition historique et philosophique contraste avec la célébration officielle&#;; des penseurs de différentes tendances, monarchistes, libéraux, conservateurs, catholiques, positivistes mènent une réflexion critique sur les principes revendiqués par la République et qui selon eux menacent le destin français[47]&#;: Ernest Renan affirme que «&#;le jour où la France a coupé la tête de son roi, elle a commis un suicide&#;», Edmond Schérer analyse les limites de la démocratie, Émile Montégut parle de la «&#;banqueroute de la Révolution&#;». Colloques, publications, débats dans la presse marquent l'anticentenaire intellectuel auquel Maurras participe en suggérant aux «&#;hommes les plus intelligents après les cris de triomphe officiels, de douloureux examens de conscience[48]&#;». Charles Maurras, ancien rédacteur de La Réforme sociale, fonde sa critique de la Révolution en suivant les développements de l'école de Frédéric Le Play&#;: elle dresse un bilan négatif de la Révolution en défendant un programme fondé sur la famille, la hiérarchie sociale, la commune, la participation des citoyens à leur administration, l'indépendance du gouvernement par rapport aux divisions de l'opinion[49].

De fait, s'il est hostile à la Révolution, il est encore républicain et concède que la République est «&#;le meilleur gouvernement pour la France[50].&#;» Il fonde alors sa critique de la philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau sur les analyses de Pierre Laffitte qui en soulignent les contradictions plus que sur les théories de Louis de Bonald et de Joseph de Maistre[49].

Cependant, il est fondamentalement attaché à la décentralisation&#;: en août , se rendant aux archives de Martigues pour une analyse des documents remontant à cent ans en arrière, il découvre les systèmes coutumiers et empiriques, des mécanismes de protection sociale et de solidarité, servant de relais et de protection entre l'individu et l'État central, certains obsolètes mais d'autres utiles et vivaces[51]. Pour Maurras, avec la centralisation, la République n'a pas fait des Français des citoyens mais des administrés[52]. Il développe à l'opposé de l'image de l'historiographie révolutionnaire d'un roi au pouvoir illimité, une image paternelle nourrie de bienveillance et de savoir-faire au sommet d'un État fort mais limité[53].

En , se rapproche du nationalisme en collaborant au journal La Cocarde de Maurice Barrès.

En , Maurras amorce sa conversion au principe monarchique, suivant une démarche intellectuelle se combinant avec le respect pour la personne du comte de Paris[54],[n 4]. Jusque-là il s'est accommodé d'un sentiment politique conservateur, acceptant volontiers de travailler avec des démocrates et des socialistes. Son patriotisme est viscéral, mais cela ne constitue pas une originalité, la gauche de l'époque articulant généralement le discours sur la justice sociale avec l'impératif patriotique et les austères valeurs républicaines[54]. L'échec de la décentralisation dans le cadre républicain, l'inefficacité du régime parlementaire dans le domaine primordial de la politique étrangère face au danger allemand, l'admiration qu'il porte comme homme d'ordre et de tradition pour le système britannique qui a établi l'équilibre politique et social du peuple de Grande-Bretagne, la lecture de Démosthène et du rôle de la démocratie dans l'effondrement de la Grèce, constituent autant de thèmes de réflexion qui l'inclinent au royalisme en [55]. Il accepte alors de collaborer au journal royaliste Le Soleil[56].

Du 8 avril au 3 mai , La Gazette de France le charge de couvrir comme reporter les premiers jeux Olympiques modernes, à Athènes. Se basant sur les exemples allemands et anglais, il en revient convaincu que le régime monarchique rend plus fortes les nations qui l'adoptent[57].

Naissance de l'Action française ()[modifier | modifier le code]

En avril , Henri Vaugeois et Maurice Pujo fondent un «&#;Comité d'Action française&#;», qui ne compte aucun royaliste et vise en prévision des élections à ranimer l'esprit de en instaurant une République patriote conforme au nationalisme originel de la Révolution[58],[59]&#;; républicains, ils avaient participé à l'union pour l'Action morale de Paul Desjardins, groupement d'inspiration kantienne, attaché à faire triompher la morale et la vertu dans les affaires publiques&#;; Vaugeois se veut l'héritier consciencieux du républicanisme révolutionnaire, auquel le relie la mémoire de son grand-oncle conventionnel[58]. Maurras rejoint ce petit groupe qui se réunit habituellement au café de Flore[60], même s'il aurait préféré le nom «&#;d'intérêt commun&#;» à celui «&#;d'Action française&#;», moins poignant mais plus précis[61].

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Antidreyfusisme[modifier | modifier le code]

En septembre , l'antisémitisme de Maurras le range dans le camp des antidreyfusards. Il s'oppose ainsi à la demande de révision du procès du capitaineAlfred Dreyfus, alors relancée à la suite des aveux et du suicide d'Hubert Henry, officier qui avait fabriqué plusieurs faux pour faire croire à la culpabilité du capitaine[63]. Maurras rédige l'éloge d'Henry. Revenant sur l'affaire Dreyfus en , Maurras dira&#;: «&#;Je ne veux pas rentrer dans le vieux débat, innocent ou coupable. Mon premier avis là-dessus avait été que, si Dreyfus était innocent, il fallait le nommer maréchal de France, mais fusiller une douzaine de ses principaux défenseurs pour le triple tort qu'ils faisaient à la France, à la paix et à la raison[41].&#;» Il avait écrit en décembre à Maurice Barrès&#;: «&#;Le parti de Dreyfus mériterait qu'on le fusillât tout entier comme insurgé&#;»[64].

Léon de Montesquiou rappellera le rôle crucial de l'affaire Dreyfus dans la naissance de l'Action française qui s'était fixé comme objectif de lutter contre la trahison, «&#;non pas tant la trahison de Dreyfus que celle des dreyfusards[65]&#;». Il s'agit pour l'Action française de défendre l'armée comme première condition de vie du pays et des hommes qui la composent contre une justice qui lui porterait tort[66].

Pour Maurras, l'affaire et la mise en cause de l'armée nuisent à la préparation d'une guerre inévitable, où il s'agit de retrouver des provinces perdues&#;; cette polémique ferait perdre de vue au pays le réalisme politique dans un contexte international menaçant. Maurras prétend ainsi défendre la raison d'État en soutenant l'armée coûte que coûte pour éviter le désastre d'une nouvelle guerre perdue contre l'Allemagne. Il affirme les lois d'un réalisme politique fondé sur un mélange de machiavélisme raisonné et de froide prudence car, selon lui, la confusion entre morale et politique peut engendrer des tragédies pires que les injustices qu'elle prétend corriger[67].

Stéphane Giocanti estime que Maurras combat moins le capitaine Dreyfus comme personne que le dreyfusisme comme courant d'opinion qui fragiliserait un pays entouré de «&#;grands carnassiers[68]&#;». Toutefois, Laurent Joly rappelle que L'Action française persiste à publier des réquisitoires contre la personne d'Alfred Dreyfus plusieurs années après la fin de l'affaire&#;: «&#;de à , la rubrique «&#;Échos&#;» et le «&#;Calendrier de l'affaire Dreyfus&#;» du quotidien L'Action française comportent des menaces à peine voilées à l’encontre d'Alfred Dreyfus, dont les déplacements sont notés au jour le jour[69].&#;»

Le capitaine Dreyfus intente plusieurs procès au journal et y fait publier des lettres sur décision de justice. Le 29 janvier , Charles Maurras présente ces textes «&#;dans une formulation qui sonne comme une condamnation à mort&#;», observe Olivier Dard&#;: le chef de l'Action française qualifie Dreyfus de «&#;traître juif&#;» [qui] «&#;entrevoi[t] en frissonnant (…) [les] douze balles [qui] lui apprendront enfin l'art de ne plus trahir et de ne plus troubler l'ordre de ce pays qui l'hospitalise[70].&#;»

Fondation de l'Action française[modifier | modifier le code]

En janvier , Maurras rencontre ce groupe[59] puis rejoint la Revue d'Action française, fondée par Maurice Pujo et Henri Vaugeois&#;; en novembre , sa stratégie et son ambition prennent corps&#;: convertir au royalisme tous les nationalistes français à l'heure où le nationalisme est associé au nom de Déroulède et Barrès[71]&#;; il devient l'inspirateur de la mouvance gravitant autour de la revue qu'il convertit du nationalisme républicain au nationalisme royaliste et au milieu de , la revue est en passe de devenir monarchiste[72]. En revanche, le débat tourne court avec les antisémites de La Libre Parole qui refusent la royauté et préfèrent rester républicains[73],[n 5].

En , il fonde la Ligue d'Action française —&#;dont Henri Vaugeois est le président et Léon de Montesquiou le secrétaire général&#;— pour lever des fonds en faveur de L'Action française, devenue l'organe de presse du mouvement. Maurras publie L’Avenir de l’intelligence, qui met en garde contre le règne de l’argent et son emprise sur les intellectuels. Jules Monnerot, François Huguenin, Élisabeth Lévy ont placé haut ce livre, préparé par quinze ans de fréquentation des milieux littéraires et politiques, manifeste pour la liberté de l'esprit, précurseur d'Orwell et Bernanos, voire de la critique situationniste[68].

En , l’Institut d’action française voit le jour et, en mars , paraît le premier numéro du quotidien L’Action française, né de la transformation de la revue mensuelle du même nom créée neuf ans plus tôt.

En , Maurras publie, ensuite, une deuxième édition de sa célèbre Enquête sur la monarchie, dans laquelle il se prononce en faveur d’«&#;une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée&#;».

En , il préside le Cercle Proudhon, lancé par de jeunes monarchistes hostiles au capitalisme libéral et appelant à l’union avec le courant syndicaliste révolutionnaire inspiré par Georges Sorel. Il reste, cependant, davantage influencé par les conceptions corporatistes et associationnistes du catholique socialRené de La Tour du Pin.

La campagne de l'Action française contre l'Allemagne commence tôt, dès avant la guerre&#;: en , à l'occasion de la crise d'Agadir, Léon Daudet lance des accusations contre les firmes traitant avec l'Allemagne (les laiteries Maggi-Kub par exemple) et mène des campagnes de boycottage. L'Action française ne souhaite pas la guerre, mais elle veut, si elle intervient, contribuer à l'unité des Français dans la lutte&#;; elle dénonce les antimilitaristes dont l'action concrète se traduit selon elle par un affaiblissement de la France, au risque d'une hécatombe de la jeunesse française en cas probable de guerre.

La Première Guerre mondiale ()[modifier | modifier le code]

Dans l'immédiat avant-guerre, Maurras pointe avec angoisse les effets de la politique de ses adversaires&#;; selon lui, les campagnes dreyfusardes ont occasionné l'affaiblissement de l'armée, notamment par le démembrement du Deuxième Bureau, ce qui participerait selon lui à l'impréparation de la France et fait que l'Allemagne sait qu'elle combattra un ennemi borgne. Dans Kiel et Tanger, il vitupère un régime qui ne sait contrer ni les aléas de l'opinion et qui vit de ses divisions, forcément néfaste pour tout pays cerné d'ennemis&#;: «&#;Au bas mot, en termes concrets, la faiblesse du régime doit nous représenter &#; jeunes Français couchés froids et sanglants, sur leur terre mal défendue[74].&#;» En , il écrit&#;: «&#;La République nous a mis en retard sur l'Europe entière&#;: nous en sommes à percevoir l'utilité d'une armée forte et d'une marine puissante […] à l'heure où les organisations ennemies sont prêtes[75].&#;»

Maurras note au contraire la rapidité des directions impériales allemandes où l'aristocratie et l'institution monarchique jouent comme des forces génératrices de compétence et de production&#;; il souligne la supériorité institutionnelle de l'Allemagne&#;: «&#;Nous avons perdu quarante ans à entrechoquer les syndicats patronaux et les syndicats ouvriers dans la fumée d'une lutte des classes singulièrement favorable au concurrent et à l'ennemi germanique&#;; pendant ce temps, Guillaume II négociait entre ses socialistes, ses armateurs et ses financiers, dont les forces uniques, se faisant notre parasite, fructifiaient à nos dépens[76].&#;»

Il soutient alors toutes les initiatives permettant selon lui le renforcement de la France et Louis Barthou dira à Pujo à propos de la loi des trois ans de service militaire&#;: «&#;sans vos Camelots du roi, je n'aurais jamais pu la faire passer.&#;» Inversement, Maurras dénonce les campagnes antimilitaristes des socialistes contre «&#;la folie des armements&#;» qui n'auront selon lui pour conséquence que de conduire au massacre de la jeunesse française&#;: comme Tardieu et Poincaré, il s'oppose aux conséquences concrètes de l'utopisme pacifiste et de l'irréalisme des internationalistes et dénonce la faiblesse des budgets militaires[77].

En , il s'insurge contre l'idée répandue par certains de ses adversaires que Raoul Villain, l'assassin d'extrême droite de Jean Jaurès, serait d'Action française, alors qu'il fut membre du Sillon puis de la Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine, et aussi un déséquilibré[77]. Il critique ce qu'il appelle le manque de réalisme des socialistes qui avaient selon lui conçu «&#;l'avenir suivant un développement unilinéaire […], les faits nationaux devant se décomposer[78].&#;»

Dès la déclaration de guerre, il appelle ses partisans à l'union nationale et renonce à la lutte systématique contre le régime républicain comme y invite le duc d'Orléans dans un appel solennel dans L'Écho de Paris du 23 avril Comme preuve de sa bonne volonté, Maurras supprime le chiffre en une du journal, qui renvoyait au décret qui avait innocenté Dreyfus[79]. Il soutient le gouvernement radical de Viviani et même Aristide Briand, bête noire de l'Action française ou Albert Thomas ancien rédacteur de L'Humanité et ministre des armements.

L'Action française dénonce des industriels traitant selon elle avec l'Allemagne, accusant souvent sans preuve. Il en résulte de nombreux procès en diffamation, dont un conduit à la confiscation du quotidien pendant une semaine. Des descentes de police dans les locaux du journal ont lieu de même que des perquisitions chez Charles Maurras, Marius Plateau ou encore Maxime Real del Sarte. En octobre , au cours de l'une de ces perquisitions, diverses armes sont saisies. Le journal de l'Action française tourne alors en dérision ce «&#;complot des panoplies&#;», le gouvernement recule et, en novembre , Clemenceau remplacera Painlevé mis en minorité avec l'appui de l'Action française.

En avril , L'Action française lance une campagne en faveur des soldats et de leurs familles[80]&#;; Maurras défend la création d'une caisse de primes militaires qui associera le combattant aux produits de la Victoire&#;; ce projet reçoit le soutien de Poincaré et l'État autorisera en juin la souscription lancée par l'Action française. De même, Maurras se met à la disposition de Poincaré pour combattre l'influence germanique en Espagne, en particulier dans les milieux catalans[81].

C'est avec l'appui de l'Action française qu'en novembre Georges Clemenceau est nommé à la tête du gouvernement en dépit de la réticence de Maurras pour ce jacobin anticlérical qui a refusé l'offre de paix séparée proposée par l'impératrice Zita&#;; néanmoins, Clemenceau cherche l'appui moral de l'Action française via l'entremise du député royaliste Jules Delahaye[82].

Charles Maurras, vers
Le café de Flore vers , lieu de réunion habituel des fondateurs de l'Action française en et durant les premières années du XXe&#;siècle.
Charles Maurras, vers
Charles Maurras, avant

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