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A Manhattan, Alan Gilbert est une méga-star, sa photo est suspendue à tous les feux rouges et placardée sur tous les abribus. Mais sa notoriété est encore montée d’un cran début janvier quand la presse mondiale s’est emparée du fait qu’il s’est brutalement arrêté de diriger la Neuvième de Mahler, à l’Avery Fisher Hall : en plein mouvement lent, un téléphone portable sonnait dans la salle, que son utilisateur, ne parvenait pas à éteindre. Le chef pose sa baguette, le public se met à crier, quand enfin le propriétaire du téléphone finit par couper la sonnerie, permettant au concert de reprendre.

Dès le lendemain, les bloggers de tout poil se déchaînent sur la Toile, réclament la tête du coupable, au point que le New York Times lance carrément une enquête. Le mystère est vite éclairci : l’homme abonné depuis vingt ans aux concerts du New York Philharmonic, venait de recevoir ce nouveau téléphone de son entreprise et l’avait bien éteint, ignorant qu’une alarme sonore était programmée. Ce qui explique que malgré les invectives de ses voisins, il n’ait pas réagi. Il a depuis fait acte de contrition auprès d’Alan Gilbert qui ne pouvait rêver meilleure publicité à la veille d’embarquer le New York Philharmonic en tournée européenne. Un orchestre prestigieux qui donna son concert inaugural en au Carnegie Hall, et y créa, en , la Symphonie n°9, dite Du Nouveau Monde de Dvo?ák, avant de déménager à l’Avery Fisher Hall, au sein du Lincoln Center.

Une semaine avant cet incident, le New York Philharmonic célébrait le nouvel an en direct sur la chaîne PBS avec un programme Bernstein et Gershwin - présenté par le comédien Alec Baldwin - et un soliste de choc, le pianiste Jean-Yves Thibaudet. Cordes moelleuses et vibrantes, cuivres incisifs, souplesse et swing, le plus ancien orchestre américain rappelait ses qualités dans l’ouverture de Candide, les danses symphoniques de West Side Story dont l’action est située dans le quartier de l’actuel Lincoln Center, puis le Concerto en fa et la Rhapsody in Blue dont Thibaudet est le meilleur interprète actuel. En cette nuit de réveillon, le chef était célibataire ; son épouse - la violoncelliste Kajsa William-Olsson, rencontrée lorsqu’il dirigeait le Royal Stockholm Philharmonic Orchestra - ayant emmené leurs trois enfants en vacances. A l’issue du concert, Alan Gilbert montait se changer dans son bureau, donnait congé à son chauffeur et, armé de sa Metro card, ralliait Chelsea où des amis avaient organisé un dîner arrosé de Dom Pérignon.

Violon, alto, piano et français

Quand il prit la direction du New York Philharmonic, en , Gilbert était non seulement le plus jeune à occuper ce poste, depuis Bernstein, mais également le premier new-yorkais à y être nommé. A sa naissance, le 23 février , ses parents étaient tous deux violonistes dans l’orchestre et il dirige désormais sa propre mère qui y officie toujours. Après avoir appris violon, alto et piano, il s’est perfectionné à Harvard, puis spécialisé en direction d’orchestre au Curtis Institute de Philadelphie et à la Juilliard School de New York. Il a également bénéficié de l’enseignement de deux chefs légendaires : Bernstein, et Sir Georg Solti dont il a vraisemblablement adopté l’approche objective du texte musical. Chef assistant de l’orchestre de Cleveland au milieu des années 90, Gilbert prend la tête du Royal Stockholm Philharmonic en puis, parallèlement, celle de l’Opéra de Santa Fé à partir de Il y a dix ans, au Konserthus de Stockholm, il nous a surpris par le sérieux de son travail dans Mozart, Mahler et la musique contemporaine, et par son français impeccable : à 13 ans, il vécut à Paris où il travailla le violon avec Michel Auclair.

Dès son arrivée au Philharmonique de New York, il a confirmé son goût des programmes intelligents, audacieux, et francophiles. Le concert inaugural du 16 septembre  comprenait la création mondiale d’Expo du finlandais Magnus Lindberg, nommé compositeur en résidence de l’orchestre, la Symphonie fantastique de Berlioz et les Poèmes pour Mi de Messiaen chantés par Renée Fleming.

En juillet, Alan Gilbert était à Paris et les gravait avec le Philharmonique de Radio-France, pour le nouvel album de la soprano qui sortira fin février et comprendra également la Shéhérazade de Ravel et des mélodies de Dutilleux. «Les gens qui prétendent que tous les orchestres sonnent désormais de la même manière, se trompent, confie-t-il alors. Les Français font Wagner, Schumann et Brahms trèsbien, tout en gardant leur propre couleur, leur clarté, leur flexibilité et une certaine précision rythmique. Quant à Messiaen, c’est un compositeur fantastique, ses Poèmes pour Mi, sont un torrent de passion.» En plus d’instaurer l’engagement d’un compositeur en résidence, Gilbert a imposé la création d’un ensemble orchestral et de rendez-vous avec la musique contemporaine, sous l’intitulé «Contact». Ces concerts proposent des œuvres de la fin du XXe siècle ou des nouvelles signées par de jeunes compositeurs comme Nico Muhly, Matthias Pintscher, Sean Shepherd, Steven Stucky, Marc-André Dalbavie, Arthur Kampela, Lei Liang et Arlene Sierra.

En ce début d’année, Gilbert a un planning chargé. On le retrouve dans son bureau de l’Avery Fisher Hall en pleine discussion avec Thomas Adès, dont la pièce Polaris sera donnée avant chacune des trois exécutions de la Neuvième de Mahler à New York, puis sur certaines des quatorze dates de la tournée qui passera par Paris où Frank Peter Zimmermann jouera le Concerto pour violon de Beethoven et Lang Lang interprétera le Concerto pour piano n°2 de Bartók. On demande à Alan Gilbert de quel chef historique du Philharmonique de New York il se sent le plus proche et il répond : «J’essaie de ne pas y penser. Cet orchestre est une force culturelle majeure, le reflet de New York. Le fait qu’il soit constitué par des musiciens venus de tous les continents explique sans doute qu’il puisse tout jouer. Je dois rendre hommage à mes prédécesseurs qui l’ont maintenu à un niveau exceptionnel, et à Bernstein qui a su rendre la musique si populaire en Amérique. C’était un volcan, impossible de ne pas succomber à son charisme et à l’enthousiasme qu’il mettait dans tout ce qu’il entreprenait. Je l’ai entendu diriger quasiment toutes les symphonies de Mahler. Mon approche est différente, il serait stupide de l’imiter.»

A Paris, Alan Gilbert dirigera aussi Feria de Magnus Lindberg, un poème symphonique de dix-huit minutes, qui date de , avant de créer à New York son nouveau concerto pour piano écrit pour Yefim Bronfman. Croisé en décembre, Lindberg nous a déclaré : «Gilbert part toujours de la partition, il est très rigoureux et efficace dans son travail avec l’orchestre, c’est comme cela qu’il parvient à ce contrôle suprême de tous les paramètres. Ses conseils, lorsque je lui montre uneœuvre encoursd’écriture, sont très précieux. Quant au New York Philharmonic, c’est un orchestre d’une virtuosité et d’un engagement fabuleux, les musiciens les plus cool que j’aie jamais rencontrés.» A propos du choix de Lindberg ou d’Adès dont il doit diriger Polaris dans la soirée, Alan Gilbert explique que son seul critère est «le métier technique», ajoutant : «J’aime que les compositeurs maîtrisent la forme. Pour ce qui est de leur esthétique, je ne suis pas dogmatique.»

Sûreté remarquable

Avant le concert, on traîne backstage avec le Chinois Liang Wang, hautboïste principal, et on lui demande quelles sont les qualités principales de Gilbert. Il répond sans hésiter : «Direct, honnête et pas excentrique. Il sait de quoi ses solistes sont capables, il leur fait confiance et obtient le meilleur d’eux.» La violoniste coréeenne Hae-Young Ham ajoute : «Alan a apporté une énergie et des idées nouvelles comme de donner les opéras le Grand Macabre de Ligeti et la Petite Renarde rusée de Janacek en version de concert ; deux grands événements de ces dernières années à New York.»

Gilbert rejoint ses musiciens sur la scène et s’attaque à la Neuvième de Mahler dont il trace les contours et déploie les lignes avec une sûreté remarquable, à distance idéale de la radiographie boulézienne, de la décantation d’un Abbado et de l’identification psychologique à la Bernstein. Aucune sonnerie de portable, ce sera pour le troisième concert de la série et c’est un chef épuisé mais comblé qu’on retrouve en coulisses pour le féliciter. Il répond, modeste : «Les musiciens ont vraiment bien joué ce soir.»

On évoque notre époque, difficile pour la culture, même si New York, par sa concentration de mécènes des arts, n’a rien à craindre. Il confirme : «Depuis Internet, sortir de chez soi n’est plus indispensable. Mais après des heures passées devant un écran - ce que je fais comme tout le monde -, on a encore plus envie d’aller écouter un orchestre en vrai. A travers la musique, nous essayons de raconter une histoire, qui parle des hommes et qui s’adresse aux hommes, et aux femmes bien sûr. Rien ne remplacera jamais le contact humain.»

Eric Dahan

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