Torrent9

..

Ement la purge 4 french

Telecharger ement la purge 4 french

Aide


Vous devez vous inscrire afin de télécharger
Veuillez créer un compte gratuitement sur Torrent9 pour accéder aux téléchargements illimités et au streaming !

L'histoire du Parti communiste français commence en lorsqu'une scission majoritaire de la SFIO au congrès de Tours fonde la Section française de l'Internationale communiste (SFIC). Devenu le Parti communiste français, le parti connaît son maximum d'influence au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Déclinant à partir des années , il forme depuis une coalition appelée «&#;Front de gauche&#;».

&#;: du congrès de Tours à la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

&#;: création, lors du congrès de Tours[modifier | modifier le code]

&#;Article détaillé&#;: Congrès de Tours (SFIO).

Le parti est créé sous le nom de Section française de l'Internationale communiste (SFIC). Il naît du traumatisme de la Première Guerre mondiale et de l'échec ressenti du modèle français du socialisme et du syndicalisme (socialisme influencé par la «&#;synthèse jaurésienne&#;», démocratique et parlementariste en même temps qu'anticapitaliste, et syndicalisme révolutionnaire ou d'«&#;action directe&#;»). La génération des jeunes militants qui ont vécu les combats perçoivent comme une trahison la participation de la SFIO à l'effort de guerre[1]. Si la Révolution russe d'octobre n'est pas immédiatement perçue comme «&#;la grande lueur à l'Est&#;» par le mouvement ouvrier français, l'échec des socialistes aux législatives de et de la grève générale préparée par la CGT préparent le terrain d'un renouveau politique[2].

En , au congrès à Tours, une majorité des militants socialistes de la SFIO, emmenés par Fernand Loriot, Charles Rappoport et Boris Souvarine[3], décident de s'affilier à la Troisième Internationale, fondée en à la suite de la Révolution d'Octobre. La motion d'adhésion, émanant du Comité de la Troisième internationale et des "reconstructeurs" autour de Marcel CachinetLudovic-Oscar Frossard, l'emporte sur les motions d'"adhésion avec réserves" (déposée par Jean Longuet et ses partisans) et "pour l'unité internationale", refusant l'adhésion (déposée par Léon Blum et son Comité de Résistance socialiste). Le Congrès est marqué par des "coups de théâtre"&#;: le "coup de pistolet Zinoviev", un télégramme des bolcheviks qui entend imposer l'exclusion de Longuet et de ses partisans, et une intervention théâtrale de Clara Zetkin pendant le discours de Frossard sur les réserves des socialistes à l'égard des exigences bolcheviks. Celles-ci sont en effet très lourdes&#;: les 21 conditions de Lénine imposent le Centralisme démocratique, la rupture complète avec les réformistes, la formation d'un organe clandestin, l'épuration des dissidents et des "petits-bourgeois" Cependant elles ne sont pas immédiatement prises au sérieux par les partisans de l'adhésion à la Troisième internationale, convaincus qu'elles resteront lettre morte[4]. Le Parti communiste français, qu'on appelle alors Section française de l'Internationale communiste (SFIC) est ainsi créé[5].

Il est estimé à &#; le nombre d'adhérents qui avaient rejoint le nouveau parti, alors que la SFIO n'en comptait plus que 40&#;, tout en conservant néanmoins la majorité de ses députés et de ses élus locaux. La scission au sein de la SFIO devait entraîner un an plus tard une scission du syndicat CGT, mais cette fois, les partisans de l'Internationale communiste qui fondèrent la CGTU étaient minoritaires.

La SFIC milite pour la libération des soldats mutins de , dont plusieurs milliers, outre les fusillés, avaient été envoyés dans des camps de travail par le gouvernement de Raymond Poincaré[6].

En janvier , Ludovic-Oscar Frossard (le secrétaire général du Parti) démissionne. En , l'emprise de Grigori Zinoviev sur l'IC et la bolchévisation/stalinisation se traduisent par l'exclusion de dirigeants historiques situés à la gauche du parti, comme Boris Souvarine, Pierre Monatte et Alfred Rosmer, et par une conduite caporaliste du parti français par Albert Treint et Suzanne Girault jusqu'en La SFIC se proclame alors comme bolchevique, s'engage à construire un parti qui peut utiliser des moyens légaux, mais qui doit se doter d'un appareil clandestin et ne doit pas exclure l'action illégale. Le parti constitué devait être discipliné voire militarisé, suivant les règles étroites du centralisme démocratique&#;: les minoritaires doivent suivre la ligne décidée majoritairement, et n'ont pas le droit de s'organiser pour défendre leur tendance.

Après Albert Treint, secrétaire général de à , Pierre Sémard est le nouveau secrétaire général en titre de à Différents membres fondateurs, devenus oppositionnels, sont exclus ou quittent progressivement le parti&#;: Fernand Loriot (), Amédée Dunois (), Albert Treint (). Le nombre d'adhérents chute à 55 en [7].

&#;: premières années, «&#;classe contre classe&#;»[modifier | modifier le code]

En , la SFIC devient le Parti communiste (SFIC), dont l’acronyme est PC-SFIC[8],[9],[10],[11],[12] et qui ne doit pas être confondu avec le Parti communiste (PC), parti d’inspiration libertaire et anti-parlementariste créé en , dissout en mars , duquel émergera le soviétisme-libertaire, et lié aux anarchistes soutenant la révolution russe[13].

Les premières années du parti furent mouvementées et un tant soit peu confuses. C'était un parti révolutionnaire, «&#;gauchiste&#;», comme on dira couramment plus tard des groupes d'extrême gauche qui ont fleuri en mai L'action antimilitariste se développa auprès des jeunes, dans les casernes, à l'occasion de l'occupation de la Ruhr en par les troupes françaises et de la guerre du Rif, au Maroc en

En Union soviétique, en , Staline évince ses rivaux, Zinoviev, Kamenev et Trotski qui participent à la direction collégiale depuis la mort de Lénine, en L'IC (Internationale communiste) impose une politique dure et sectaire, dite «&#;classe contre classe&#;», qui consiste notamment à refuser toute alliance avec les socialistes et elle pousse en avant les JC (Jeunesses communistes, alors dirigées par Doriot, également député de Saint-Denis) pour mettre en œuvre cette ligne ultra sectaire. Des exclus forment des organisations communistes dissidentes, anti-staliniennes[14].

Henri Barbé devient secrétaire du Parti, après Pierre Sémard. La SFIO est attaquée au même titre que les partis bourgeois. Aux élections de , le PC-SFIC obtient 11&#;% des voix, mais, en raison de son isolement, ne compte que 14 élus contre 25 sortants. Jacques Duclos, vainqueur de Léon Blum dans le 20e&#;arrondissement de Paris, est l'un des 14 rescapés.

Avec Jacques Duclos, Benoît Frachon et Maurice Thorez sont des hommes qui montent et qui prennent de plus en plus d'importance au sein du Parti. Comme Duclos, Maurice Thorez est passé dans la clandestinité à la suite d'actions antimilitaristes. Il a déjà effectué plusieurs séjours à Moscou. Entré au Bureau politique (BP) en , il assure la fonction de secrétaire à l'organisation. En , à 36 ans, Benoît Frachon devient le doyen du secrétariat, aux côtés des 2 dirigeants des JC, Henri Barbé et Pierre Celor, tous deux âgés de 27 ans, et de Thorez, 29 ans.

&#;: début de la direction de Maurice Thorez[modifier | modifier le code]

En , Charles Tillon, membre du bureau confédéral de la CGTU, effectue son premier et d'ailleurs unique voyage à Moscou. Il y sera reçu par les dirigeants de l'Internationale, Manouïlsky et Piatnisky. Manouïlsky est une vieille connaissance du Parti. Lénine l'avait envoyé clandestinement en mission en France en , et il put intervenir au congrès de Paris, faisant une profonde impression sur tous les délégués. Depuis, c'est lui qui suit le PC-SFIC pour l'Internationale, dont il deviendra le principal dirigeant jusqu'en Manouïlsky éprouvait des doutes sur le bien-fondé de la ligne ultra-gauchiste et s'apprêtait à débarquer Barbé et Celor, les jeunes dirigeants propulsés à la tête du Parti pour appliquer la ligne "classe contre classe".

Il s'en est fallu de peu que Maurice Thorez ne fut aussi écarté comme Barbé et Celor, mais c'est lui que Manouïlsky installe à la tête du Parti, au congrès de Paris en Duclos et Frachon comptent parmi les 10 autres membres du bureau politique. Si on fait le bilan des 12 premières années d'existence du Parti, les résultats ne sont guère époustouflants sur le plan électoral, ou du nombre d'adhérents, mais d'un point de vue léniniste, la réussite est incontestable&#;: l'ensemble hétéroclite d'anarcho-syndicalistes, nébuleuse de divers courants révolutionnaires s'est métamorphosé en un authentique parti bolchevique. L'équipe dirigeante, jeune, issue de la classe ouvrière, est formée de révolutionnaires professionnels, bénéficiant d'une solide expérience des affrontements avec la police, de la clandestinité, mais sachant également jouer des moyens légaux, par exemple les mandats de députés pour bénéficier de l'immunité parlementaire. Ces dirigeants sélectionnés avec "clairvoyance" par Manouïlsky, extrêmement brillants au départ, ont reçu en outre une solide formation théorique au gré de leurs passages à Moscou.

Tout s'accomplit selon la doctrine de Lénine&#;: d'abord la construction d'un parti révolutionnaire, ensuite la conquête de la classe ouvrière. C'est très important pour comprendre la confiance sans borne des militants de cette génération vis-à-vis du marxisme-léninisme et l'espoir qu'ils mettent dans leur parti et dans l'Internationale. Car en , si le PC-SFIC exerce une séduction certaine sur les jeunes ouvriers combatifs, la conquête de la classe ouvrière est loin d'être acquise.

&#;: relations avec Staline, Front populaire et montée du nazisme[modifier | modifier le code]

&#;Article connexe&#;: Front populaire (France).

En , le PC-SFIC est intégré au dispositif de l'Internationale communiste, adossé à l'Union soviétique dominée par Staline. De nos jours, ce nom, avec ses dérivés, «&#;stalinisme&#;», «&#;stalinien&#;» (terme qui apparaît à la fin des années ), évoque une variante historique de la tyrannie sanguinaire et du totalitarisme, mais pour le militant PC-SFIC «&#;de base&#;» de , grâce à une direction «&#;éclairée, ferme et stable&#;», l'URSS s'affirme comme la nation des prolétaires, consolidant les acquis de la Révolution par une marche vers le progrès économique et technologique. Le Parti français, à l'image du «&#;grand frère&#;» soviétique, est doté, lui aussi, d'une direction «&#;stable et éclairée&#;». Ses effectifs s'accroissent de mois en mois, il occupe un espace politique toujours plus vaste.

À Moscou, à partir de et plus encore avec l'assassinat de Sergueï Kirov, en , les purges (assassinats et déportations) deviendront une pratique courante de «&#;gestion du parti&#;». De à , on estime à un million le nombre de ses membres qui seront exécutés ou déportés. Mais à Paris, le délégué de l'Internationale, le représentant de Staline, donc, est un tchèque élégant et raffiné, Eugen Fried («&#;camarade Clément&#;») qui sait contrôler le Parti avec doigté en s'intégrant dans le trio de direction, Thorez, Frachon et Duclos, eux-mêmes issus du choix «&#;éclairé&#;» de Manouïlsky. Pourquoi le militant de base s'inquiéterait-il de ce que ses chefs soient nommés par Moscou, s'ils sont «&#;bons&#;»&#;? D'ailleurs, le PC-SFIC n'est-il pas la Section française de l'Internationale communiste, et l'URSS, le pays de la révolution accomplie, la patrie de tous les travailleurs&#;?

Hitler avait pris le pouvoir en Allemagne en janvier Le fascisme devint encore plus à l'ordre du jour en Europe (l'Italie était fasciste depuis une décennie). Pour autant, l'IC, qui avait mis fin à la phase «&#;gauchiste&#;» du PC en remplaçant Barbé par Thorez restait ferme dans sa ligne sectaire. L'union avec les sociaux-démocrates n'était tolérée qu'à la base&#;: les ouvriers de la CGT, non communiste, étaient invités à participer aux actions de la CGTU, communiste. Dans la France de , c'étaient les ligues d'extrême-droite qui représentaient le danger fasciste. C'est au cours des journées de qui virent de très violents affrontements entre les ligues, la police et les communistes, que s'imposèrent les sentiments unitaires d'une gauche antifasciste.

Le 6 février , les ligues envahirent la place de la Concorde. La bagarre avec la police fut déclenchée quand ils voulurent franchir le pont de la Concorde pour donner l'assaut à la chambre des députés. Le 9 février, les affrontements entre la police et les manifestants antifascistes firent 9 morts parmi les manifestants. Cette manifestation fut qualifiée par une partie des opinions de tentative de coup d'État. La CGTU et la CGT appelèrent à la grève générale le 12 février. Ce jour-là, au cours d'une manifestation commencée dans la division, les cortèges socialistes et communistes fusionnèrent dans l'enthousiasme, place de la Nation aux cris de «&#;Unité&#;! Unité&#;!&#;». Jusqu'en juillet , cette manifestation unitaire resta sans suite. Doriot, partisan d'une entente avec la SFIO contre le fascisme, est exclu le 27 juin C'est Dimitrov, nouveau responsable de l'IC, et Manouïlsky qui réussirent à obtenir de Staline un revirement de l'IC, en faveur d'une alliance avec les sociaux-démocrates. Dimitrov transmit les nouvelles consignes à Thorez, à Moscou. Le 27 juillet , un pacte d'unité d'action PC et SFIO fut conclu. L'après 6 février voit aussi l'Association juridique internationale (AJI), proche des communistes, se rapprocher de la Ligue des droits de l'homme.

La nouvelle politique unitaire se concrétisa en , par la réunification de la CGT et de la CGTU, d'abord en mars, puis en mai, par la victoire électorale des forces de gauche unies dans le Front populaire. Le PC-SFIC obtenait 72 des sièges de députés de la coalition de gauche. Léon Jouhaux, ex-CGT restait secrétaire général de la CGT réunifiée, mais Frachon entrait au Bureau confédéral. Les nouveaux statuts de la CGT prévoyant l'incompatibilité entre des mandats syndicaux et politiques, il dut démissionner du Bureau politique du Parti. Cette démission fut purement formelle. On le considéra toujours comme membre de la direction.

À la suite de la victoire électorale du Front populaire, une puissante grève générale spontanée se déclencha, avec occupations. Déconcerté par ce mouvement venu de la base, la direction du PC-SFIC appela à reprendre le travail début juin. Le rythme des grèves ne fut pas partout le même, les spécificités locales restant fortes[15].

Données[16]
Adhérents50&#;32&#;&#;
Parlementaires141172
Permanents?3&#;
Électeurs11,2&#;%8,3&#;%15,2&#;%

En , le PC-SFIC a atteint le stade final de son évolution, une forme stable que l'on pourrait qualifier de léniniste-stalinien, c'est-à-dire qu'il répond encore aux critères du bolchevisme tels qu'ils étaient définis au moment du congrès de Tours, mais qu'il dispose maintenant d'une autorité suprême qui permet de trancher éventuellement tous les débats et de résoudre tous les conflits.

C'est une forme d'organisation qui a bien des avantages, puisqu'elle évite d'enliser le grand nombre dans des débats stériles tournant souvent autour de querelles de personnes. Ainsi fonctionnent les entreprises avec leurs PDG., les armées avec leurs généraux en chef et l'église avec un pape proclamé infaillible pour la vie dès son élection. En fait, très peu de dirigeants connaissent personnellement Staline. Ils reçoivent les directives de l'IC, et Staline intervient dans les décisions de l'IC quand il veut, mais il le fait surtout pour les choses importantes.

Le maintien des principes léninistes implique la coexistence de 3 appareils distincts&#;: l'appareil légal est celui qui apparaît à l'issue des congrès, avec son Bureau politique, son Comité central, son organisation en cellules, rayons, responsables départementaux, interrégionaux, ses élus, députés ou maires. L'appareil illégal doit permettre au Parti de supporter une interdiction, comme un groupe électrogène normalement éteint est prêt à démarrer en cas de coupure de courant. Il consiste donc en un dispositif clandestin de planques, d'imprimeries, des moyens financiers à l'abri d'une saisie, avec quelques dirigeants n'ayant aucune fonction officielle. L'appareil de l'IC contrôle sur le territoire français des militants qui sont rattachés directement à l'IC, sans aucun rapport structurel avec la section française, c'est-à-dire avec le PC-SFIC. Ainsi, les étrangers sont organisés à l'époque dans la Main-d'œuvre immigrée (MOI), rattachée au PC-SFIC pour les problèmes pratiques, mais dans les faits, sous le contrôle politique direct de l'IC.

Si l'IC peut déléguer à des étrangers, comme Fried, des responsabilités auprès du Parti français, des dirigeants français peuvent également assurer des fonctions qui débordent le cadre national. Ainsi, Jacques Duclos, membre du Bureau politique et du secrétariat du Parti, député de Montreuil et vice-président de la Chambre des députés en est également membre du comité exécutif de l'IC et fréquemment mis à contribution pour représenter l'IC auprès des partis petits frères belges et espagnol.

Dans les années , le parti compte entre &#; et &#; membres, et l'essentiel d'entre eux n'ont rien à voir ni avec l'appareil illégal, ni avec l'appareil de l'IC. Mais dès qu'ils prennent quelques responsabilités, ce qui peut arriver très vite, dans ce jeune parti, leur carrière est gérée par la section des cadres, qui relève à la fois du service du personnel et de la police interne. Chaque responsable doit remplir une biographie qui concerne à la fois son propre passé, mais aussi quelques éléments sur son entourage familial. Au fur et à mesure qu'il grimpe les échelons, il pourra être amené à remplir plusieurs fois des biographies de plus en plus précises. Ces biographies sont regroupées à Moscou.

&#;: guerre d'Espagne[modifier | modifier le code]

&#;Article connexe&#;: Guerre civile espagnole.

En juillet , Franco fit contre la République Espagnole sa tentative de putsch qui se dit en espagnol «&#;pronunciamiento&#;». La guerre civile espagnole commençait, et elle dura jusqu'en février Les premiers volontaires du PC-SFIC furent envoyés début septembre, mais c'est au cours d'une réunion à Ivry, chez Thorez, le 18 septembre, où étaient conviés, Fried, le délégué de l'IC, Émile Dutilleul le trésorier du Parti, Maurice Tréand, le responsable de la section des cadres, et Cerreti, un Italien à la fois membre du Comité Central et dirigeant de la MOI. Les grandes lignes de l'implication du PCF dans la guerre d'Espagne furent jetées, et les rôles distribués&#;: Tréand recrutait les militants, Cerreti s'occupait du ravitaillement en armes, et Dutilleul des collectes. Les choses évolueront par la suite un peu différemment.

En , le PCF n'était pas au sein de l'Internationale un parti parmi d'autres. À côté du parti soviétique il restait le seul parti communiste de quelque importance après l'interdiction des partis dans les pays fascistes, l'Italie en et l'Allemagne en Le Parti français fut à la pointe pour le soutien à l'Espagne républicaine. Rappelons qu'en , tous les grands pays, y compris l'URSS, s'étaient officiellement prononcés pour la non-intervention, laquelle sera vite violée par l'Allemagne et l'Italie. Les Républicains reçurent l'aide directe contre payement de la seule URSS, mais comme celle-ci ne souhaitait pas intervenir directement pour ne pas contrevenir aux règles de la non-intervention, et que de toute façon, il fallait bien faire transiter les armes soviétiques par le territoire français, le Parti français, en plus de l'action de soutien qu'il avait initié dès août , joua un rôle majeur d'intermédiaire entre l'URSS et le gouvernement républicain espagnol.

Le gouvernement de Léon Blum resta sur la ligne de la non-intervention et refusa l'aide directe aux républicains. Dans la pratique, l'attitude de Blum et de ses successeurs ne fut jamais celle d'une stricte neutralité. En août , Blum désignait le douanier Gaston Cusin comme le responsable au sein de l'appareil d'État de l'aide clandestine à l'Espagne. Cusin rencontra Thorez et Duclos qui, eux, désignèrent Cerreti comme interlocuteur du parti communiste. C'est ainsi que tout fut mis en place pour que d'énormes quantités d'armes et matériels divers (essentiellement soviétiques) puissent transiter par les ports et le territoire français. Le PCF dut alors se doter d'une infrastructure adéquate pour faire face à des problèmes de logistique tout à fait nouveaux. De son côté, Cusin pouvait s'appuyer sur trois mille douaniers sympathisants dont une centaine d'hommes sûrs pouvaient faire des contrebandiers d'élite.

Une compagnie maritime, France-Navigation fut créée sous l'autorité de Cerreti, en mai , pour le plus grand bonheur du gouvernement espagnol impuissant à convaincre d'autres compagnies d'avoir à affronter le blocus de ses ports par la marine franquiste, pour le plus grand bonheur, aussi, de Staline, qui voulait bien livrer des armes aux Espagnols, mais sans engager de bâtiments soviétiques. Le gouvernement espagnol avait mis les trois quarts de ses réserves d'or à l'abri, en URSS, de sorte que Staline n'avait pas de problèmes pour se faire payer. En complément de France-Navigation, l'entreprise de transports routiers de Pelayo assurait la traversée du territoire français avec des dizaines de Dodge, Ford, Latil. Il y avait tous ceux, également, qui s'occupaient d'approvisionnement de toutes sortes de denrées. Michel Feintuch, un immigré juif polonais, que l'on connaîtra mieux sous le pseudonyme de Jean Jérome, acheminait vers l'Espagne républicaine des armes, mais aussi des machines, du cuivre, du zinc. Pour mener à bien tous ces trafics, il y eut désormais place au Parti pour l'homme d'affaires d'un genre particulier, à côté du vendeur de l'Humanité, du tribun syndicaliste et du normalien journaliste.

Pour le PCF, la dernière phase de la guerre d'Espagne fut humanitaire, pour secourir les centaines de milliers de réfugiés qui croupissaient dans des camps depuis janvier On a souvent dit que la guerre d'Espagne avait été une anticipation du cataclysme qui devait secouer le monde de à Complètement mobilisé dans le soutien à l'Espagne, le Parti ne pouvait ignorer les sombres nuages qui obscurcissaient l'horizon. Plus que jamais, il fallait se préparer à la clandestinité. Trois hommes se répartirent la recherche de planques&#;: certaines étaient de vastes propriétés, fort éloignées de Paris, jusqu'en Belgique ou en Suède&#;: par dérision, les communistes parlaient de leurs châteaux&#;; ce fut l'affaire de Cerreti. On confia à René Mourre le soin de trouver des fermettes dans le bassin parisien. Les HLM des boulevards de ceinture et les pavillons de banlieue étaient du ressort d'Arthur Dallidet. Il sacrifia avec sa compagne Mounette Dutilleul bien des dimanches pour sillonner à vélo toute la région parisienne et bien au-delà.

&#;: Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

&#;: accords de Munich, Pacte germano-soviétique et entrée en guerre[modifier | modifier le code]

&#;Articles connexes&#;: Seconde Guerre mondiale et Accords de Munich.

Le 30 septembre , Daladier et Chamberlain signaient avec Hitler les accords de Munich qui consacraient le démembrement de la Tchécoslovaquie. À son retour à l'aéroport du Bourget, Daladier était acclamé par la foule qui croyait la guerre écartée. À la Chambre, avec seulement trois autres députés, les soixante-douze communistes rejetèrent les accords. Cette fois-ci, les communistes étaient persuadés que la France et le Royaume-Uni avaient voulu détourner vers l'URSS les foudres hitlériennes, et il est vrai qu'ils étaient nombreux, à droite, tant à Londres qu'à Paris, ceux qui pensaient que la moins mauvaise guerre serait celle qui aurait opposé le nazi au bolchevique[réf.&#;nécessaire]. Pour les communistes, les choses étaient encore simples, l'antifascisme et la défense de l'URSS étaient un seul combat.

Le désarroi de nombreux communistes fut donc immense lorsque, par la radio et les journaux, ils prirent connaissance du pacte germano-soviétique le 23 août &#;: l'Union soviétique devenait l'alliée de l'Allemagne nazie avec qui elle partageait des territoires d'Europe centrale (Pays baltes et Finlande). Des accords secrets prévoyaient, entre autres, le partage de la Pologne. Le 3 septembre, la Grande-Bretagne et la France déclaraient la guerre à l'Allemagne à la suite de l'agression de la Pologne.

Il y eut quelques jours pendant lesquels les communistes français essayèrent de concilier leur fidélité à l'URSS et leurs convictions antifascistes. Antifascisme viscéral de ces communistes qui se sont engagés en masse pour l'Espagne et fidélité aveugle à l'URSS. Staline pouvait bien massacrer des communistes russes par dizaines de milliers, les communistes français le considéraient comme un dieu vivant.[réf.&#;nécessaire]

Pas question de désavouer le pacte, mais aucune explication, aucune consigne ne leur parvint par les canaux habituels de l'Internationale. Alors, ils envoyèrent à Moscou, pour recevoir des explications, Arthur Dallidet, qui partit accompagné d'un de ses adjoints, Georges Beaufils. En attendant les explications, ils votent à l'Assemblée les crédits de guerre le 2 septembre et Thorez rejoint son unité.

&#;: de la dissolution du parti à l'entrée des Allemands dans Paris[modifier | modifier le code]

&#;Article détaillé&#;: Parti communiste français pendant la drôle de guerre.

Mais la rupture était déjà consommée avec le président du Conseil des ministres, Daladier. Celui-ci interdit la presse communiste dès le 26 août et fait arrêter les militants communistes qui distribuent des tracts en faveur du Pacte germano-soviétique[17].

Début septembre, alors que la France est entrée en guerre, le secrétariat Comité exécutif de l'Internationale communiste envoie un télégramme aux dirigeants communistes français, dont la direction du P.C.F. prend connaissance entre le 13 et le 20 du même mois, dans lequel il précise que le «&#;Prolétariat mondial ne doit pas défendre Pologne fasciste&#;», que l'«&#;ancienne distinction entre états fascistes et soi-disant démocratiques a perdu sens politique&#;» et qu'«&#;à l'étape actuelle de la guerre, communistes doivent se déclarer contre la guerre&#;»[17]. Les dirigeants du PCF redresseront leur ligne politique en fonction de cette directive[17]. Après l'entrée des troupes soviétiques en Pologne, le PCF approuve l'intervention de l'U.R.S.S.[17].

Plus du tiers des députés communistes se désolidarisent du pacte germano-soviétique et quittent, au moins provisoirement, le parti[17]. Vingt-deux des soixante-quatorze parlementaires communistes quittent le parti et le groupe communiste à l'Assemblée nationale pour créer un nouveau groupe parlementaire&#;: l’Union populaire française. Trois autres dissidents ne rejoignent pas le nouveau groupe. Seule une petite minorité de ses transfuges sera résistante. Sur demande de l'IC, Maurice Thorez, mobilisé dans l'Armée française, déserte de son unité et se réfugie en Belgique, d'où il appelle au sabotage de la défense nationale[18], et, de là, gagne Moscou.

Le 26 septembre, le gouvernement dissout le Parti. La politique répressive du gouvernement d'Édouard Daladier et de son ministre de l'Intérieur, Georges Bonnet, et la façon dont elle est appliquée par les préfets a contribué paradoxalement à la survie de l'organisation en faisant taire les états d'âme[réf.&#;nécessaire].

Dallidet et Beaufils ne rencontrent à Moscou que des personnalités de second plan. Ils rentrent en France sans véritable éclaircissement sur les intentions des soviétiques. Ce n'est qu'à la fin du mois de septembre que Dimitrov fait parvenir à Paris des directives précises, transmises par Raymond Guyot, en poste à Moscou en tant que secrétaire général des jeunesses de l'IC. Ordre est donné de ne plus dénoncer que la «&#;guerre impérialiste&#;».

En septembre , tous les hommes jusqu'à 40 ans sont mobilisés, dont Jacques Duclos, Benoît Frachon et Charles Tillon ont passé la limite d'âge. Ceux qui ne savent pas appliquer les consignes de sécurité sont arrêtés. Ainsi, la moitié du Comité central et trois membres du Bureau politique, Marcel Cachin, Pierre Sémard et François Billoux, se retrouvent incarcérés. Le Parti, dans son ensemble, se retrouve complètement désorganisé.

L'Internationale avait décidé de regrouper l'appareil du Komintern et l'essentiel de la direction française en Belgique. Fried y était déjà installé le 23 août , Cerreti reçut le premier l'ordre de le rejoindre, et par la suite Jacques Duclos, Arthur Ramette et Maurice Tréand. Un ordre officiel de Dimitrov, transmis par Mounette Dutilleul. Les dirigeants qui ne sont pas mobilisés par l'armée et que l'IC ne transfère pas à Bruxelles sont envoyés dans les différentes régions. Ainsi, Charles Tillon sera responsable régional à Bordeaux, Gaston Monmousseau à Marseille et Auguste Havez en Bretagne.

À Paris, le Parti maintient une activité minimale&#;: distributions de tracts, parution épisodique de l'Humanité clandestine. C'est à Florimond Bonte que revient la mission de défendre la ligne du Komintern devant la Chambre des députés. Il n'a pas même le temps de sortir son texte que le président Herriot ordonne aux huissiers de l'expulser. municipalités contrôlées par le PC sont, arbitrairement, dissoutes, et 2&#; élus déchus de leurs mandats [19]. Au total, il y aura plusieurs milliers d'arrestations. La répression s'est installée jusque dans la CGT, réunifiée depuis , mais toujours tenue en main par Léon Jouhaux. Dès le 18 septembre, le bureau confédéral excluait de la CGT tous ses membres qui ne souscriraient pas à sa condamnation du pacte. Dans de nombreux syndicats de base, les communistes étaient majoritaires&#;: ils seront dissous par le ministre de l'Intérieur, , au total [20].

Après l'entrée des troupes soviétiques en Pologne, le PCF approuve l'intervention de l'U.R.S.S.[17]. Il justifiera également en janvier l'agression de la Finlande par l'U.R.S.S., L'Humanité saluant l'aide de l'Armée Rouge «&#;au prolétariat si exploité et brimé&#;» de Finlande[17].

Les militants communistes disponibles, qui se battent pour la survie du Parti, réorganisent leurs structures clandestines. L'Union des jeunes filles de France (UJFF), dont Claudine Chomat, Danielle Casanova, Georgette Cadras, souvent appelées «&#;agents de liaison&#;» ou «&#;femmes de liaison&#;», assument en fait par intérim des responsabilités considérables. La plongée dans la clandestinité implique la disparition de toutes les structures traditionnelles, cellules, rayons, et la mise en place de triangles, ou groupes de trois, principe de base de l'organisation clandestine. Le décret-loi du 9 avril , présenté au président de la République par le ministre SFIO Albert Sérol (J.O. du 10 avril ), prévoyant la peine de mort pour propagande communiste, l'assimilant à la propagande nazie, accentue les risques.

Danielle Casanova et Victor Michaut sont chargés d'organiser une propagande pacifiste en direction des soldats sans jamais appeler à la désertion[réf.&#;nécessaire]. Le niveau d'implication du parti dans quelques affaires de sabotage attestées dans des usines d'armement reste un sujet d'interrogation pour les historiens (Voir article détaillé La question du sabotage)[21].

En mai , l'invasion allemande du pays ne simplifie pas une situation déjà difficile pour le parti entré en clandestinité. Le philosophe communiste Politzer sert d'intermédiaire pour nouer des contacts entre le ministre Anatole de Monzie, à sa demande, et Benoît Frachon, lequel répond en réclamant la levée de l'interdiction du Parti et l'armement de la population parisienne, pour constituer une sorte d'union sacrée pour la défense de Paris.[réf.&#;nécessaire]

Alors que le député d'Amiens, Jean Catelas reste à Paris le seul représentant de la direction avec Gabriel Péri, Frachon et son équipe (dont Victor Michaut, Arthur Dallidet et Mounette Dutilleul) se retrouve à Fursanne, près de Limoges, en Haute-Vienne.

&#;: l'Occupation avant Barbarossa[modifier | modifier le code]

Premiers mois de l'occupation[modifier | modifier le code]

Le 15 juin , Duclos et Tréand, le responsable aux cadres, arrivent à Paris. Ils mettent près de 4 semaines avant d'établir un contact avec le groupe Frachon en Haute-Vienne.

Des démarches sont faites par Maurice Tréand, Jean Catelas et Robert Foissin auprès des autorités d'occupation pour négocier la reparution de l'Humanité. Ces démarches sont connues, sinon dictées par Duclos (les trois militants seront plus tard écartés pour protéger Duclos)[22]. Il en est de même des représentants du parti français à Moscou avec lesquels au moins huit lettres (dont certaines font une dizaine de pages) sont échangées entre la fin du mois de juin et le début du mois d'août. La ligne officielle du parti, émanant de Moscou et appliquée normalement par la Section française de l'Internationale communiste, ne met pas en priorité la lutte contre les nazis. Il est donc envisagé de sortir une Humanité légale (les autres journaux le sont), qui, passée au filtre de la censure, aurait adopté une neutralité vis-à-vis de l'occupant. Les pourparlers concernant le journal avortèrent finalement du fait des Allemands. Hitler désavoua Otto Abetz qui tentait d'amadouer les communistes désorientés. De leur côté, les autorités de Vichy obtinrent gain de cause pour empêcher la légalisation du parti.

Tant que durent les négociations, soit jusqu'à la fin d'août, on ne trouve dans les numéros clandestins du journal aucune attaque explicite contre l'occupant. En échange, note Peschanski, Abetz libère plus de communistes emprisonnés depuis l'automne [23]. Le terme de «&#;fraternisation&#;» apparaît dans les numéros 59 et 61 de l'Humanité clandestine qui sortent respectivement le 4 et le 13 juillet[24]&#;:

«&#;Les conversations amicales se multiplient entre travailleurs parisiens et soldats allemands&#;: Nous en sommes heureux. Apprenons à nous connaître, et quand on dit aux soldats allemands que les députés communistes ont été jetés en prison et qu'en , les communistes se dressèrent contre l'occupation de la Ruhr, on travaille pour la fraternité franco-allemande.&#;»

Simultanément avec les démarches confidentielles pour la reparution de l'Humanité, la direction du Parti mène une politique de légalisation. Après neuf mois de clandestinité, il s'agit de profiter du vide politique pour réoccuper le terrain. Les élus locaux et les responsables syndicaux sont invités à sortir de leurs tanières pour reprendre le chemin de leurs permanences, à réoccuper les municipalités perdues, à effectuer des prises de parole. Cette ligne, suivie approximativement de juin à septembre, s'avère un désastre complet[25],[26].

Les négociations avec les Allemands pour la reparution de l'Humanité suscitent très vite de vifs débats chez les communistes disséminés aux quatre coins de la France. Ainsi, lorsque les communications sont rétablies, tant bien que mal, entre Paris et la Haute-Vienne, l'équipe autour de Frachon, qui avait eu vent des pourparlers, fut quelque peu traumatisée. Par exemple, selon Mounette Dutilleul, la question fut débattue en Haute-Vienne au sein de l'équipe Frachon[27]&#;:

«&#;C'est effectivement à quatre, Frachon, Michaut, Cadras, Dallidet, que se tient la réunion organisée dans les bois de Saint-Priest-Taurion. Marie et moi faisions "le pet". C'était là tout le service d'ordre dont nous pouvions disposer alors&#;! Ce que j'ai su, de cette réunion des quatre, c'est que Michaut et Cadras ne comprenaient, ni n'admettaient la demande officielle aux autorités d'occupation de la parution de l'Humanité. Frachon, moins tranchant dans son expression, pensait absolument nécessaire d'aller voir de plus près. Il fut décidé qu'il remonterait à Paris&#;»

Finalement, l'opération engagée avec le plein accord de l'IC fut désavouée par l'IC. Une directive datée du 5 août clarifie la ligne du Parti vis-à-vis des occupants&#;:

«&#;Selon informations arrivées par diverses voies au sujet situation en France, il est évident que le Parti est menacé de graves dangers de la part des manœuvres de l'occupant… Par conséquent, nous vous proposons la règle de conduite suivante&#;:

1. Le Parti doit catégoriquement repousser et condamner comme trahison toute manifestation de solidarité avec les occupants.

2. Limiter tous rapports avec les autorités occupation strictement aux questions purement formelles et de caractère administratif.

3. Poursuivre les efforts pour obtenir la légalisation de la presse ouvrière et utiliser les moindres possibilités légales pour l'activité politique et la propagande.

8. Avisons la direction du Parti que Jacques est personnellement chargé de la responsabilité pour la réalisation inconditionnelle des indications présentes et invitons tous les membres de la direction avec maximum de fermeté, de responsabilité et discipline de fer et en exiger autant de tous les membres du parti.&#;»

La conséquence du point 8 de la directive du 5 août sera la mise à l'écart de Tréand, partielle d'abord, puis totale et définitive à partir de la fin Ses attributions vont glisser progressivement sur Dallidet et Cadras.

Duclos est le principal rédacteur du tract connu sous le nom d'appel du 10 juillet À côté d'analyses tout à fait orthodoxes où sont mis en cause, en des termes virulents, tous les dirigeants de la Troisième République et les «&#;ploutocrates&#;» de Vichy, à côté des inévitables références à l'URSS, surgissent des évocations nationalistes qui appellent au redressement d'un peuple meurtri et humilié par une occupation ennemie&#;:

«&#;…La France encore toute sanglante veut vivre libre et indépendante… Jamais un peuple comme le nôtre ne sera un peuple d'esclaves et si, malgré la terreur, ce peuple a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l'impérialisme britannique, il saura signifier aussi à la bande actuellement au pouvoir SA VOLONTÉ D'ÊTRE LIBRE.&#;»

Il est clair que ce texte où l'on recherche vainement les simples mots «&#;allemands&#;» ou «&#;nazis&#;» ne saurait en aucun cas être considéré comme un acte de résistance à l'occupant, mais démontre simplement que parallèlement aux démarches de reparution légale de leur presse, les communistes étaient déterminés à conserver un dispositif technique leur assurant la diffusion d'une expression indépendante de toute censure. Il contient également des appels à l'indépendance nationale et à la constitution d'un «&#;Front de la liberté, de l'indépendance et de la renaissance de la France» qui ne peuvent, selon les termes de Stéphane Courtois que gêner l'occupant[28].

Beaucoup plus lourde de conséquences que les pourparlers pour la reparution de l'Humanité, la confirmation de la politique de légalisation du Parti a pour conséquence les rafles d'octobre et novembre , qui envoient quelques milliers de militants rejoindre leurs camarades emprisonnés par Daladier.

La police de Vichy lance son offensive en région parisienne à la fin du mois de septembre. Une première série d'arrestations touche trois cents militants parmi lesquels de nombreux responsables politiques ou syndicaux. D'autres rafles suivent dans le reste de la France. En s'ajoutant aux internés de , ils seront ainsi entre dix et vingt mille élus et militants [29] à s'entasser dans différents camps dont le plus connu est celui de Châteaubriant. Dès octobre commence la période de clandestinité totale qui durera jusqu'en

En dehors de la région parisienne, les responsables sont pratiquement coupés de tout contact et sont conduits par conséquent à improviser une ligne politique en fonction de leurs convictions. À Bordeaux, le 17 juin au matin, alors que les Allemands s'approchent de la ville, un colonel tout juste promu général, Charles de Gaulle parvient à s'envoler pour Londres d'où il prononcera son célèbre appel du 18 Juin. Ce même 17 juin, à 12H30, Charles Tillon, après avoir écouté le message radiodiffusé du nouveau chef d'état Philippe Pétain, rédige un tract intitulé Peuple de France, dont la teneur est révélatrice des sentiments qui pouvaient animer un communiste indépendant, mais nullement marginal au sein du parti&#;:

«&#;… Mais le peuple français ne veut pas de l'esclavage, de la misère et du fascisme, pas plus qu'il n'a voulu la guerre des capitalistes. Il est le nombre, uni, il sera la force… - Pour un gouvernement populaire, libérant les travailleurs, rétablissant la légalité du Parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins et aviateurs encore sous les armes, unissez-vous dans l'action.&#;»

Ce qui distingue essentiellement la littérature communiste de Bordeaux de celle diffusée à Paris, c'est un appel explicite à la lutte contre l'occupant fasciste. En Bretagne, Auguste Havez sera encore plus percutant, le 22 juin&#;:

«&#;…Il n'y aura pas de répit avant d'avoir bouté les bottes hitlériennes hors de notre pays…&#;»

Du côté de la jeunesse, la vie clandestine se met également en place. Les jeunesses communistes sont moins directement touchées par les consignes du Komintern, qui se soucie principalement de l'organisation du Parti. Cependant, leur appareil, moins organisé, a bien du mal à résister au passage à la clandestinité. Les premiers mois de l'occupation sont marqués par des actions principalement individuelles et locales, surtout chez les étudiants&#;: distributions de tracts dans le quartier latin et organisation d'une presse (notamment La relève et L'université libre). C'est avec l'arrestation du professeur Paul Langevin, le 30 octobre , que le mouvement jeune et étudiant commencera à se mettre en place&#;: des étudiants communistes et gaullistes, parmi lesquels François Lescure, secrétaire national de l'UEC clandestine, Danielle Casanova

Logotype du Parti communiste français des années à

  • Takeover tome 1
  • Le livre adieu je taime
  • Megaplaude
  • Picsart pour mac
  • Batman full telltale serie apk